Les rendez-vous de l'innovation - Réseaux sociaux & services de messagerie

Découvrez les résultats de notre baromètre mené avec Odoxa "Les rendez-vous de l'innovation - réseaux sociaux et messageries en ligne."

JANUARY 29, 2021

12:00 AM

Par Caroline Villecroze

Majoritairement lucides sur le danger d’exposer leurs données personnelles, les Français voient toutefois de très sérieux bénéfices professionnels à l’apport de ces technologies que sont les réseaux sociaux.

Découvrez le contenu de notre baromètre mené avec Odoxa sur les réseaux sociaux et les services de messagerie en ligne.

Principaux enseignements du sondage :

  • Les 3/4 Français (77%) approuvent la suspension du compte de Donald Trump
  • Facebook (79%), WhatsApp (61%) et Instagram (43%), sont les réseaux sociaux et messageries les plus utilisés par les Français
  • Les GAFAM ne sont pas à l’abri d’une fuite massive des usagers français, très méfiants à l’égard de l’usage de leurs données personnelles.
  • Les réseaux doivent encore convaincre de leur intérêt dans le cadre professionnel.

L’œil du sondeur : Emile Leclerc, Directeur d’études d’Odoxa

Facebook (79%), WhatsApp (61%) et Instagram(43%), réseaux sociaux et messageries les plus utilisés par les Français.

L’entreprise de Mark Zuckerberg domine très largement le marché français des réseaux sociaux et messageries. Ses trois marques, Facebook, Instagram et WhatsApp, trustent le podium. Avec 79% d’inscrits chez les adultes français, le réseau Facebook est le plus répandu. WhatsApp (61%) et Instagram (43%) complètent ce trio. Loin derrière, Twitter et LinkedIn ont séduit respectivement 29% et 25% de nos concitoyens.

A titre personnel, êtes-vous présent sur les réseaux sociaux suivants ?

Sondage Leyton - odoxa,  Les français et les réseaux sociaux, janvier 2021

La récente polémique sur la politique de données personnelles de WhatsApp est encore loin d’avoir ébranlé le colosse. Ses deux concurrents, Signal et Telegram ne comptent pour le moment que 8% et 7% d’inscrits.

Notons que ces réseaux et messageries sont essentiellement utilisés dans un cadre personnel. C’est même aujourd’hui un incontournable. 89% des Français utilisent aujourd’hui un réseau social ou une messagerie pour échanger avec leurs proches. Chez les moins de 35 ans, l’usage monte même à 98%.

Seuls 26% des Français affirment en effet utiliser les réseaux et messageries dans un cadre professionnel. Ils sont cependant très présents chez les cadres (58%), les moins de 35 ans (55%) et chez les habitants de l’agglomération parisienne (41%).

Les français, très méfiants à l’égard de l’usage de leurs données personnelles sur les réseaux sociaux.

S’ils sont très massivement utilisés dans le pays, l’image des réseaux sociaux et messageries est pourtant loin d’être bonne. Les Français reconnaissent bien volontiers l’intérêt qu’ils présentent pour les entreprises qui peuvent ainsi promouvoir leurs produits et services (82%) ou encore leur utilité pour trouver un emploi (54%).

Mais pour être plus performants et mieux cibler les potentiels clients et futurs collaborateurs, leurs algorithmes ont massivement recours à l’utilisation des données personnelles. Et c’est là que le bât blesse ; seuls 26% des Français ont confiance en eux pour protéger leurs données.

Ils sont d’ailleurs 85% à nous confier qu’ils pourraient quitter un réseau ou une messagerie s’ils n’approuvaient pas sa politique de protection des données. Ce n’est que déclaratif. Il suffirait d’un mouvement d’opinion, d’une polémique de grande ampleur pour que la
question se pose plus concrètement chez de nombreux usagers.


Une autre faiblesse des réseaux sociaux émerge dans notre sondage : ils sont addictifs. 41% des Français nous avouent y passer trop de temps.

Les deux piliers du business model des réseaux sociaux et messageries représentent donc aussi leurs talons d’Achille. Les mois qui viennent sont donc cruciaux. D’autant que les gouvernements souhaitent de plus en plus les encadrer et qu’ils sont soutenus dans cette démarche. En France, 84% des habitants le souhaitent.

Les réseaux sociaux doivent encore convaincre de leur intérêt dans le cadre professionnel

Nous l’avons constaté, les réseaux sociaux et messageries font le plein en matière d’usage personnel mais ils sont encore marginaux en termes d’usage professionnel.

Notre sondage l’explique ; les actifs ne voient par forcément leur intérêt en la matière. Seuls 39% d’entre eux estiment en effet qu’ils permettent d’être plus efficace au travail.

Un autre sentiment repousse les potentiels usagers chez les actifs : 63% d’entre eux jugent qu’ils ne sont pas assez sécurisés pour être utilisés dans un cadre professionnel.

Enfin, ils posent selon eux des questions en termes de droit à la déconnexion (68%).


L’œil de l’experte : Caroline Villecroze – Directrice de la communication de Leyton

Ultra dépendance et efficacité au travail

Majoritairement lucides sur le danger d’exposer leurs données personnelles, les Français voient toutefois de très sérieux bénéfices professionnels à l’apport de ces technologies. 39% d’entre eux estiment que les réseaux sociaux et les messageries leur permettent d’être plus efficace au travail. Comme s’ils percevaient clairement que ces outils constituent un champ infini pour l’innovation, notamment avec l’arrivée de l’Intelligence Artificielle pour gérer toute la data recueillie.

La rapidité, la facilité, la simplicité qui découlent de leur usage quotidien semblent pour les Français justifier des prises de risque au regard des nouveaux services attendus. Ils n’ont pas tort.

Les pratiques du customer journey analytics par exemple, permettent à ces plateformes, pro ou grands publics, de tendre vers une expérience parfaite pour leurs utilisateurs. Chaque
engagement sur un contenu ou chaque comportement de navigation mène à un levier d’optimisation de l’expérience utilisateur et bien sûr à la meilleure exposition publicitaire.

De même, le scepticisme des Français sur la partialité des plateformes leaders pourra les orienter vers des nouveaux usages et des nouveaux entrants.

Ainsi, les plateformes citoyennes conçues pour être plus proche du débat public et peser sur la démocratie, comme Citizenlab, ou via des plateformes permettant d’assister à des débats d’experts, pour être plus proche des « sachants » comme Clubhouse le nouveau réseau social qui fait le buzz, valorisé un milliard de dollars en à peine huit mois peuvent émerger.

Une forte volonté de régulation

Les Français se méfient beaucoup de l’usage fait de leurs données personnelles, à peine un quart d’entre eux fait confiance aux différents réseaux sociaux et services de messagerie. D’où leur très forte volonté de régulation. Ils sont 9/10 à vouloir un meilleur encadrement juridique. Et 2/3 à souligner des difficultés en termes de droit à la déconnexion professionnelle.

Ce n’est qu’avec l’appui de technologies innovantes – ainsi que par la maitrise de ces enjeux par les législateurs – que la loi pourra complétement protéger le citoyen utilisateur. Ainsi, des dizaines de start-up travaillent sur le démontage des fake news, le pistage des harceleurs ou les vérifications plus poussées d’identité.

De même, la blockchain publicitaire vise déjà à sécuriser l’exposition publicitaire. Cette innovation est destiné à l’annonceur qui ne veut être pas floué et souhaite améliorer son ciblage. Mais aussi au réseau ou l’éditeur qui veut proposer des métriques plus fiables, affiner sa pression publicitaire, et automatiser mieux la chose. Enfin à l’utilisateur qui veut que ses « préférences » sur la manière de gérer ses données soient respectées.

Trump muselé, un tournant assumé

Le nombre très élevé de Français soutenant la suspension du compte Twitter de Donald Trump (77%) doit sans doute plus à la volonté de le faire taire l’homme qui tweet 17 fois par jour qu’à celle de sanctionner son usage condamnable d’un réseau social.


Il n’empêche, c’est un tournant. Pour la première fois, une société privée acquise à la liberté d’expression censure le compte d’un responsable politique en fonction. Le débat est d’ordre juridico-politique. Il pose la question de la responsabilité du diffuseur.


Le Digital Act décidé en décembre par l’Union Européenne a été créé pour cela. Pour donner des obligations aux GAFAM afin de les responsabiliser. A eux désormais de lutter contre les contenus illicites en ligne sous peine de sanctions.


Or c’est extrêmement difficile, on le sait. La tâche des modérateurs de confiance est immense. Là encore, c’est sur l’innovation qu’il faut miser pour à terme dégager des solutions. Afin d’assurer ainsi un meilleur contrôle des contenus.

Retrouvez l’intervention complète de Caroline Villecroze concernant cette étude sur BFM Business juste ici.

Notre auteur

Caroline Villecroze

Directrice Marketing