Pourquoi doit-on penser « contribution » carbone plutôt que « compensation » ?

  • Par Leyton
    • 08 Mar 2023
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compensation carbone et entreprise

Les crédits carbone – dont chacun représente une tonne d’émissions de CO2 évitée ou supprimée – ne devraient être utilisés pour atteindre les objectifs net-zero des entreprises seulement après avoir décarboné la chaine de valeur.

En « compensant » les émissions non compressibles de leur chaine de valeur, ils permettraient « d’effacer » ces émissions et d’atteindre le Graal du net zéro d’ici 2030.

Ce mécanisme vertueux, qui vise à réorienter le financement vers des projets à impact positif pour l’environnement, souffre pourtant d’une réputation dégradée, notamment à cause d’une terminologie trompeuse :

1. « Une non-réduction de mes émissions peut-être -« compensée » par une réduction ailleurs »

Certes le réchauffement climatique est global et on peut supposer qu’une tonne de CO2 évitée à l’autre bout du monde pourrait me permettre de continuer à émettre ma tonne dans ma chaine de valeur. Cependant, pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, toutes les réductions possibles sont nécessaires. Financer un projet de réduction ou de séquestration ne justifie pas l’absence d’une mesure pour réduire les émissions de sa propre chaine de valeur.

2. « Une émission peut être immédiatement « compensée » par une réduction ou une séquestration ailleurs »

La notion de « compensation » peut nous laisser penser que le financement d’un projet de réduction ou de séquestration permettrait de se déclarer « neutre en carbone » ou « net zéro » sur un exercice annuel. Or, les projets notamment forestiers, s’inscrivent dans une autre temporalité, il faut souvent des années pour qu’une forêt stocke effectivement du CO2, il est par ailleurs difficile de savoir combien de temps ce carbone sera stocké. Les forêts étant soumises aux risques climatiques et victimes de certaines activités humaines. L’équivalence de réduction du projet financé n’est donc pas toujours immédiate.

« 1 tonne CO2 séquestrée / réduite = -1 tonne CO2 dans mon bilan carbone »

Cette idée d’équivalence portée par la notion de « compensation » est fausse et interdite par tous les organismes de référence. La définition d’une comptabilité carbone tenant compte au plus juste des impacts sur le climat est au cœur des réflexions des régulateurs.

3. « La « compensation » carbone incite à se déresponsabiliser »

Une des critiques récurrente à l’encontre de la « compensation » carbone est l’idée d’achat de conscience. Le terme laisse penser qu’il suffit d’une bonne action « achat de crédit carbone » pour annuler son impact négatif sur le climat, « ses émissions de CO2 ». Il apparait alors plus simple d’acheter sa bonne conscience plutôt que d’entreprendre une vraie refonte de sa chaine de valeur pour atteindre une réduction des émissions.

4. « La contribution climatique comme le soutien (unique) à des projets de réduction des émissions »

La neutralité carbone ne peut pas être atteinte au niveau d’une entreprise ou d’un état, mais elles peuvent contribuer à l’objectif global de neutralité carbone. Le marché du carbone volontaire est un outil robuste pour mener une transition bas-carbone et améliorer les conditions de vie des populations. Il mérite une terminologie à la hauteur des opportunités qu’il offre.

Les entreprises devraient se demander « Que puis-je faire pour avoir le plus grand impact ? », plutôt que « Comment puis-je faire une déclaration concernant mes propres émissions ? » Il peut il y avoir de très bonnes raisons d’acheter des crédits carbone issus de projets de haute qualité, mais cela ne devrait pas se faire dans le cadre d’une déclaration de « compensation ».

L’idée de contribution carbone volontaire permet de :

  • Se focaliser sur les projets avec le plus fort impact environnemental et notamment les projets de séquestration vs. les projets d’évitement ou de réduction. Le stockage du carbone est nécessaire pour éviter une hausse de température de +1.5° mais aussi pour réduire le réchauffement déjà présent. Ce processus n’est pas lié aux émissions des entreprises, il est pourtant clé et doit être développé rapidement ;
  • Se libérer de ses propres impacts pour s’attaquer aux enjeux les plus pressants biodiversité, carbone, déchets… Parler de contribution permet aux entreprises de se constituer véritablement un portfolio, s’attaquant à une diversité d’enjeux parmi lesquels : la restauration de zones naturelles, la protection d’espèces en danger, la récupération ou le recyclage de plastique indépendamment des volumes de carbone et des allégations de neutralité carbone.

La contribution carbone volontaire offre aux entreprises la possibilité de maximiser leur impact et de s’engager dans une réelle démarche de réparation de la planète.

Si elle est déployée parallèlement à :

  • un effort rigoureux de réduction des émissions de carbone dans la chaîne de valeur ;
  • une approche de communication et d’engagement des parties prenantes militant pour un changement de système visant le net zero.

Alors ces entreprises peuvent avancer avec la certitude qu’elles contribuent dans la bonne voie.

5. Leyton aide ses clients à se démarquer et à gagner en proactivité face aux enjeux liés au changement climatique

Alors oui, la contribution carbone volontaire :

  • Ne peut se substituer à l’annulation de l’impact carbone d’une organisation ;
  • Est indispensable afin de pallier aux émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) « incompressibles » ;
  • Intervient en complément d’une démarche de réduction des émissions « compressibles » ;
  • Ce n’est pas que le fait de « planter des arbres » car plus de 170 typologies de projets existent…

En restant un acteur indépendant des développeurs ou des revendeurs de projets, Leyton garantit à ses clients une parfaite adéquation entre leurs besoins et les projets retenus.

Notre expérience dans les domaines de la finance et de la technologie nous permet d’adopter une approche de marché fragmenté avec différentes méthodes et niveaux de transparence.

Leyton vous aide à financer, accompagner et faire financer des projets bas-carbone labellisés qui couvrent des préoccupations de préservation du climat tout en contribuant à d’autres objectifs de développement durable.

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à voir le replay de notre webinar : Intégrer la contribution carbone volontaire dans sa stratégie bas-carbone – bonnes pratiques et pièges à éviter

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Leyton

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