Achat intérim : comment maîtriser ses coûts sans perdre en performance ?

  • Par Lahcen MECHHADI
    • 17 Juil 2025
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Achat intérim comment maîtriser ses coûts sans perdre en performance

Dans un contexte économique sous tension où la compétitivité repose en partie sur une maîtrise rigoureuse des charges, les dépenses d’intérim constituent un poste clé souvent négligé. Pour les ETI et les grandes entreprises, ces dépenses peuvent représenter jusqu’à 15% de la masse salariale dans l’industrie. Pourtant, derrière des apparences de simplicité se cache une réalité complexe, faite de coefficients, de charges sociales variables, de frais cachés (mutuelle, frais pour ouverture de compte, frais de dossier sur les AT, coefficient de mission sur les rubriques de paie non soumis à charges…) et de négociations opaques avec les entreprises de travail temporaire (ETT).

Alors, comment optimiser ces dépenses sans dégrader la qualité du service ni compromettre la continuité des opérations ? Décryptage d’un enjeu stratégique.

Pourquoi l’intérim coûte si cher aux grandes entreprises ?

L’intérim est un outil précieux pour les entreprises, leur permettant de faire face aux pics d’activité, aux absences imprévues ou aux besoins spécifiques. Mais son coût peut rapidement devenir un gouffre financier s’il n’est pas maîtrisé. Selon la Dares, près de 2,7 millions de contrats d’intérim sont signés chaque année en France, avec un recours massif dans l’industrie, la logistique et les services et le BTP.

Dans certaines grandes entreprises, la facture intérim peut dépasser les 100 à 200 millions d’euros annuels. À ce niveau, chaque point de pourcentage d’optimisation représente plusieurs centaines de milliers d’euros d’économie.

Le piège des coefficients intérim : limites de la méthode

Traditionnellement, la négociation avec les ETT repose sur les coefficients de facturation (ou coefficient de mission) appliqués au salaire horaire brut de l’intérimaire, en fonction de sa qualification, mais aussi aux rubriques de paie soumis à cotisation. Par exemple, un salarié payé 12 €/h avec un coefficient de 1,85 revient à 22,20 €/h pour l’entreprise (+ majoration heure de nuit à 2.5€/h revient à 4.625 €/h pour l’entreprise.

Cette méthode présente cependant plusieurs biais majeurs :

  • Variabilité des charges sociales : en France, les allègements de charges s’appliquent fortement jusqu’à 1,6 fois le SMIC, rendant les marges des ETT très hétérogènes selon le niveau de rémunération.
  • Conditions de travail spécifiques : travail de nuit, week-end, primes de productivité ou d’assiduité modifient fortement le coût horaire réel, rendant les coefficients peu prédictifs.
  • Différences régionales : d’un bassin d’emploi à un autre, les niveaux de salaires pratiqués varient significativement pour un même profil.
  • Le niveau de qualification des profils de poste : peu qualifiés, qualifiés, très qualifiés ou pénuriques

Résultat : à coefficient égal, les marges de l’ETT peuvent fluctuer du simple au triple, avec des effets pervers sur la qualité du service (refus de mission, turn-over, désengagement).

Vers une nouvelle approche : structuration par tranches de salaire et modélisation

Face aux limites de l’approche historique fondée sur des coefficients fixes, de plus en plus d’entreprises s’orientent vers une modélisation des coûts par tranches de rémunération réelle. Cette méthode repose sur une logique simple mais puissante : adapter le coefficient de facturation non plus à la qualification déclarée du profil, mais à son coût salarial effectif, toutes primes, majorations et charges incluses.

Concrètement, il ne s’agit plus d’appliquer mécaniquement un taux unique à un intitulé de poste, mais de raisonner en fourchettes de salaires horaires totaux (brut + accessoires de rémunération). Chaque tranche est associée à un taux de gestion qui reflète de manière plus juste la réalité économique de la mission, aussi bien pour l’ETT que pour l’entreprise utilisatrice.

Cette approche par tranches de salaire présente trois atouts majeurs :

  • Prédictibilité et équité des coûts : les variations liées aux heures de nuit, aux primes exceptionnelles ou aux pratiques locales de rémunération sont anticipées et intégrées dans la logique contractuelle, évitant ainsi les mauvaises surprises sur les factures.
  • Motivation des agences : en garantissant une marge homogène quel que soit le niveau de rémunération, les ETT ne sont plus pénalisées sur les profils les mieux payés. Elles restent ainsi mobilisées sur l’ensemble des missions, même dans les bassins d’emploi tendus.
  • Simplification de la relation commerciale : les négociations deviennent plus transparentes et moins conflictuelles. La relation s’oriente vers une logique gagnant-gagnant, où chaque partie dispose de visibilité et de leviers d’optimisation.

Toutefois, en raison d’un manque de ressources internes, d’outils adaptés à l’analyse des données et de disponibilité des équipes, les entreprises ne disposent pas des moyens nécessaires pour mettre en œuvre cette nouvelle méthodologie. Or, celle-ci leur permettrait non seulement d’identifier des leviers d’économies significatifs, mais également d’optimiser leur réactivité en améliorant leur capacité à couvrir efficacement les besoins urgents

Achat intérim, quels gains concrets pour les grandes entreprises ?

Grâce à un accompagnement spécialisé, l’optimisation des dépenses d’intérim peut permettre de générer, en moyenne, entre 2,5% et 5% d’économies durables sur le montant total de la facture annuelle. Dans certains contextes plus complexes – notamment en environnement multi-sites ou faisant appel à plusieurs agences d’intérim – ces gains peuvent s’avérer encore plus significatifs.

Pour y parvenir, une analyse fine et structurée de vos dépenses est menée en étroite collaboration avec vos partenaires ETT. Cette démarche vise à produire une cartographie complète et détaillée de votre consommation d’intérim, en identifiant les principaux inducteurs de coûts. L’analyse permet notamment de reconstituer une structure tarifaire précise, ventilée par typologie de poste, par site d’implantation et, le cas échéant, par tranches de rémunération, offrant ainsi une vision claire des leviers d’optimisation activables.

Par exemple :

  • Un groupe logistique avec 15 millions d’euros d’achats intérim a réduit sa dépense de 3% soit 450 000 € d’économies en 18 mois grâce à la renégociation des tranches de salaire
  • Une ETI industrielle multi-sites, en centralisant ses appels d’offres ETT, a supprimé 120 000 euros de doublons et surcoûts liés à la facturation d’heures majorées mal négociées.

L’optimisation intérim, bien plus qu’une question de coût

Optimiser les dépenses intérim a également des répercussions stratégiques :

  • Conformité légale : le recours abusif à l’intérim est encadré et les risques prud’homaux sont réels.
  • Pilotage RH : une meilleure visibilité sur l’intérim favorise une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dynamiques.
  • Engagement RSE : réduction des turn-over, amélioration des conditions de travail, respect des clauses sociales dans les appels d’offres.

L’achat intérim, un levier RH stratégique à structurer

Dans un environnement où chaque euro compte, les dépenses d’intérim méritent une attention stratégique. Sortir du réflexe “coefficient” et adopter une vision fine, basée sur les réalités salariales, est aujourd’hui essentiel. La digitalisation des achats intérim, couplée à une approche par tranches de salaire, constitue une méthode éprouvée, créatrice de valeur pour l’entreprise et ses partenaires ETT.

Avec l’accompagnement de Leyton, les grandes entreprises disposent justement de toutes les clés pour transformer un poste de coût en levier de performance.

Et si vous repreniez le contrôle sur vos dépenses d’intérim ?

Nos experts vous accompagnent pour identifier des leviers d’économies durables, sans compromettre vos opérations intérim.

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Lahcen MECHHADI

Consultant confirmé

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