Apprentissage 2025 : coup de rabot de la Loi de Finances

  • Par Leyton
    • 12 Mar 2025
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Apprentissage 2025 : coup de rabot de la Loi de Finances

Quels impacts pour les entreprises ?

L’apprentissage en entreprise a connu un essor considérable ces dernières années, favorisé par des aides financières incitatives. Cependant, le budget 2025 introduit une réduction des aides à l’embauche des apprentis et sont ajustées en fonction de la taille de l’entreprise, ce qui soulève des inquiétudes chez les employeurs. Comment ces mesures vont-elles affecter les entreprises françaises ? Quels défis et ajustements prévoir ? Décryptage de nos experts.

Fin des aides majorées : ce qui change pour les entreprises

Le gouvernement a annoncé une réduction des aides financières accordées aux entreprises recrutant des apprentis. Ce coup de rabot vise à limiter les dépenses publiques tout en maintenant un soutien à l’alternance.

  • Aide à l’embauche réduite : l’aide unique passe de 6 000 € à 5 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés et à 2 000 € pour les grandes entreprises (plus de 250 salariés). (Ministère du Travail). Pour les travailleurs en situation de handicap, les aides restent maintenues dans les mêmes conditions qu’auparavant (6000€), afin de continuer à favoriser leur insertion professionnelle.
  • Nouveaux critères pour les grandes entreprises : celles de plus de 250 salariés devront respecter un quota d’alternants pour bénéficier de l’aide.

Elles disposent de deux options :

1) Avoir un quota d’au moins 5% de contrats d’apprentissage ou de professionnalisation dans l’effectif total annuel de l’entreprise.

2) Avoir au moins 3% d’alternants dans l’entreprise, en ayant connu une progression de 10% du nombre d’alternants au 31 décembre 2024, en comparaison avec l’effectif salarié annuel de ces catégories au 31 décembre 2023.

> Application de la CSG et de la CRDS : les salaires des apprentis dépassant 50% du SMIC seront soumis à ces cotisations sociales, réduisant ainsi leur rémunération nette. (Urssaf)

Impact immédiat sur les employeurs

Le gouvernement explique cette révision par la nécessité de concentrer les ressources sur les dispositifs prioritaires, tout en préservant l’impact positif de l’apprentissage sur l’insertion professionnelle des jeunes.

Cette baisse des aides pourrait freiner le recrutement d’alternants, notamment dans les PME, où la rentabilité des contrats d’apprentissage était en partie liée aux aides publiques.

Un impact direct sur la politique de recrutement des entreprises

L’alternance permet aux entreprises de former des talents tout en bénéficiant d’un coût réduit. Cependant, avec la diminution des incitations financières, plusieurs tendances risquent d’émerger :

📉 Réduction du nombre d’apprentis embauchés

Les PME, qui représentent 80% des employeurs d’apprentis, pourraient limiter leurs recrutements. Un coût d’ embauche plus élevé, sans garanties sur la pérennité des aides, peut dissuader certaines structures de s’engager dans l’apprentissage.

💼 Privilégier des profils plus expérimentés

Avec moins d’aides, les entreprises pourraient cibler des alternants ayant déjà une première expérience, estimant qu’ils seront plus rapidement opérationnels.

📑 Hausse des coûts administratifs et fiscaux

L’application de la CSG et de la CRDS implique un coût supplémentaire pour l’entreprise. Même si ces charges sont prélevées sur le salaire de l’apprenti, elles complexifient la gestion administrative des contrats.

Pourquoi l’apprentissage reste malgré tout un atout pour les entreprises ?

Malgré ces coupes budgétaires, l’apprentissage conserve plusieurs avantages stratégiques :

  • Un levier de recrutement efficace : 65% des apprentis sont embauchés en CDI après leur contrat.
  • Une formation en adéquation avec les besoins des entreprises : l’alternance permet de fidéliser des salariés.
  • Des exonérations sociales toujours présentes : les contrats d’apprentissage restent exonérés d’une partie des charges patronales.

Quelles solutions pour les entreprises ?

Face à la baisse des aides, les entreprises doivent optimiser leur gestion des alternants :

✔️ Anticiper les recrutements pour bénéficier des aides avant d’éventuelles nouvelles réductions.
✔️ Explorer d’autres financements (Bpifrance, aides régionales).
✔️ Miser sur des formations internes pour rentabiliser les coûts liés à l’apprentissage.

Une réforme qui pourrait impacter l’emploi des jeunes

En réduisant les aides, le gouvernement prend le risque de ralentir l’insertion professionnelle des jeunes. L’apprentissage est un facteur clé de l’emploi en France, avec plus de 900 000 contrats signés en 2023. Une baisse des recrutements pourrait accentuer les difficultés d’accès au marché du travail pour les jeunes diplômés.

Les fédérations professionnelles alertent déjà sur les risques de démobilisation des entreprises, notamment dans des secteurs comme l’industrie, le BTP et les services, où l’alternance joue un rôle clé.

Faut-il revoir sa stratégie d’apprentissage ?

Les entreprises doivent adapter leur stratégie de recrutement d’alternants face à ces nouvelles contraintes budgétaires. Bien que le coût augmente, l’apprentissage reste un outil puissant pour fidéliser les talents et renforcer les compétences internes.

Comment sécuriser ses recrutements en apprentissage en 2025 ?

Malgré le coup de rabot sur les aides, l’apprentissage reste un investissement rentable à moyen et long terme.

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