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En 2025, le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) a évolué. La philosophie reste identique : soutenir les entreprises qui consacrent une part importante de leurs ressources à la recherche.
Cependant les seuils, les dates de création et les plafonds applicables ont été ajustés. Ces évolutions ont un impact direct sur la trésorerie des startups et des PME innovantes.
Désormais, l’enjeu n’est plus simplement de “cocher la case JEI”, mais de comprendre combien le statut peut faire économiser, pour quelle durée et sous quelles conditions.
Pour une jeune entreprise innovante, la question clé n’est pas seulement de trouver des nouveaux clients. C’est aussi de financer la recherche : salaires des ingénieurs, prototypes, essais, phases d’itération, réalisation d’opérations de conception et de développement expérimental.
Sans dispositif de soutien, ces coûts pèsent lourd sur la trésorerie et ralentissent les recrutements. Le statut JEI a été conçu précisément pour amortir cette phase. Il offre aux jeunes entreprises innovantes un environnement social et fiscal allégé pendant leurs premières années, là où les dépenses sont importantes et les revenus encore irréguliers.
Concrètement, le statut JEI permet de réduire le coût des salaires de R&D, d’atténuer l’impôt sur les bénéfices (pour certaines générations de JEI qui peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt), et parfois de supprimer une partie de la fiscalité locale. C’est un levier financier structurant pour les entreprises qui investissent réellement dans l’innovation.
Le statut de jeune entreprise innovante (JEI) n’est pas une simple étiquette marketing. C’est un cadre juridique précis, réservé à des PME qui investissent une part importante de leurs charges en dépenses de R&D.
Une jeune entreprise innovante doit donc respecter plusieurs conditions de base :
Le législateur ne vise pas n’importe quel “projet tech”, mais bien des entreprises pour lesquelles l’effort scientifique est central et s’accompagne de la réalisation d’opérations de conception et de développement expérimental.
Beaucoup de startups se revendiquent “innovantes”, mais toutes ne sont pas éligibles au statut de jeune entreprise. L’enjeu est donc d’entrer dans la définition officielle de statut de jeune entreprise innovante, pas seulement dans un discours de communication.
Pour obtenir le statut JEI, il faut d’abord être dans la cible structurelle. L’entreprise doit être une PME au sens européen, c’est-à-dire :
Dès que l’entreprise dépasse ces seuils (par exemple un chiffre d’affaires qui franchit 50 M€ ou un total de bilan qui dépasse 43 M€), elle ne répond plus à la définition de PME et sort du périmètre possible du statut, même si elle reste très innovante.
L’entreprise doit être « réellement nouvelle ». Le statut de jeune entreprise ne s’applique pas aux structures créées par simple reprise, fusion ou scission d’activités anciennes. L’intention est claire : soutenir la création de véritables jeunes entreprises innovantes, pas récompenser des réorganisations de structures existantes.
Enfin, l’indépendance du capital est un point de vigilance. Une jeune entreprise innovante éligible au statut JEI ne doit pas être contrôlée par un grand groupe. En pratique, cela signifie que plus de 50% du capital doivent être détenus par des personnes physiques ou par certains types d’investisseurs et d’entités qualifiées (autres JEI, fonds, établissements de recherche…), et non par une maison-mère dominante.
Le critère qui fait basculer une entreprise dans la catégorie des jeunes entreprises innovantes au sens JEI, c’est le poids des dépenses de R&D dans ses charges. Pour bénéficier du statut en 2025, les dépenses de R&D doivent représenter au moins 20% des charges déductibles de l’exercice.
Cela signifie que la R&D n’est pas un complément : elle doit être au cœur du modèle économique. Dans le calcul, on retient notamment les salaires et charges des équipes de R&D, les amortissements des équipements de laboratoire ou de prototypage, les prestations de recherche confiées à des organismes agréés, ainsi que certains frais de propriété intellectuelle liés à la réalisation d’opérations de conception et d’expérimentation.
Si une jeune entreprise innovante supporte 1 000 000 € de charges sur un exercice, il lui faut au moins 200 000 € de dépenses de recherche éligibles. En dessous, même avec un produit très technologique, elle n’entre plus dans le périmètre du statut. C’est un seuil juridique, pas un simple repère indicatif.
Historiquement, les jeunes entreprises innovantes devaient consacrer au moins 15% de leurs charges à la R&D pour bénéficier du statut JEI. Les réformes récentes ont relevé ce seuil à 20% de dépenses de R&D, avec une période transitoire selon le régime d’imposition.
Pour les sociétés imposées à l’impôt sur le revenu, le taux de 15% reste applicable jusqu’aux exercices 2024 inclus. Pour celles imposées à l’impôt sur les sociétés, ce seuil de 15% est maintenu pour les exercices clos avant une certaine date, puis le seuil de 20% devient la nouvelle norme.
En pratique, une jeune entreprise innovante qui tournait autour de 15–17% de dépenses de R&D dans ses charges doit augmenter cet effort si elle veut conserver son statut JEI sur la durée. Cela peut impliquer d’accélérer certains recrutements scientifiques, de décaler des dépenses non R&D, ou de mieux documenter des travaux de recherche jusque-là insuffisamment qualifiés.
Sur l’impôt sur les bénéfices, le statut JEI distingue deux régimes, dont l’application dépend directement de celle de la création de l’entreprise.
Pour les JEI créées au plus tard le 31 décembre 2023, le régime reste très favorable. Le premier exercice bénéficiaire peut permettre de bénéficier d’une exonération d’impôt sur les bénéfices totale, dans la limite de douze mois de résultats. Le deuxième exercice bénéficiaire bénéficie d’une exonération partielle, avec un abattement de 50% sur le montant de l’impôt dû.
Une jeune entreprise innovante qui réalise 200 000 € de bénéfice imposable pour la première fois évite ainsi la totalité de l’impôt sur les bénéfices sur ce montant. Si elle réalise à nouveau 200 000 € l’année suivante, elle ne sera imposée que sur la moitié de cette base, les 50% restants étant effacés grâce au statut JEI.
Pour les JEI créées à partir du 1er janvier 2024, conformément aux dispositions introduites par la loi de finances 2024, cette possibilité de bénéficier d’une exonération d’impôt sur les bénéfices a été supprimée. Le statut JEI demeure très intéressant, mais l’avantage se concentre désormais sur les volets social et local. Les jeunes entreprises innovantes doivent donc adapter leur stratégie : on ne compte plus sur la franchise d’IS, on capitalise sur la baisse du coût du personnel et de la fiscalité locale.
Au-delà de l’impôt sur les bénéfices, le statut de JEI permet aux jeunes entreprises innovantes d’alléger également la fiscalité locale, si les collectivités ont voté les mesures.
Les communes et intercommunalités peuvent décider d’exonérer de CFE les jeunes entreprises innovantes pendant une durée pouvant aller jusqu’à sept ans. Dans certaines configurations, la taxe foncière sur les propriétés bâties peut également faire l’objet d’une exonération sur la même période, lorsque la JEI est propriétaire de ses locaux et que ces locaux sont affectés à son activité.
Ces exonérations ne sont pas automatiques : il faut que la collectivité les ait adoptées, et il faut que l’entreprise dépose les formulaires nécessaires dans les délais, souvent avant le 31 décembre de l’année concernée. Pour une jeune entreprise innovante qui s’installe dans une zone où les bases de CFE sont élevées, l’impact du statut JEI peut représenter plusieurs milliers d’euros économisés par an.
Pour les jeunes entreprises innovantes créées aujourd’hui, la principale puissance du statut JEI se situe sur le volet social. L’exonération de cotisations patronales d’assurances sociales sur les salaires de R&D est ce qui influe le plus directement sur la trajectoire de trésorerie.
Le principe est le suivant : tant que la jeune entreprise innovante respecte les conditions du statut JEI, elle peut bénéficier d’une exonération significative des cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales sur les rémunérations des personnels de R&D. Certaines contributions restent dues (accidents du travail, chômage, retraite complémentaire), mais la majeure partie des charges sociales est allégée.
Cette exonération s’applique mois après mois, sur toute la période de validité du statut JEI, dans la limite de plafonds. Pour une entreprise qui structure son équipe R&D autour de profils qualifiés, l’effet sur le coût complet des salariés est très important.
Toutes les rémunérations ne sont pas éligibles à l’exonération JEI. Le dispositif cible les personnes qui contribuent directement à la recherche au sein de la jeune entreprise innovante et qui peuvent, à ce titre, bénéficier d’une exonération de cotisations.
Entrent généralement dans le périmètre les ingénieurs-chercheurs, les techniciens de laboratoire, les développeurs impliqués dans les briques réellement innovantes, les chefs de projet R&D, les personnes en charge des prototypes et des installations pilotes. Certains dirigeants assimilés salariés peuvent aussi bénéficier d’une exonération JEI si la majeure partie de leur temps est consacrée aux projets de R&D.
Ce ciblage suppose de documenter clairement les fonctions, les fiches de poste, et parfois le temps passé par chacun. Pour une jeune entreprise innovante, la frontière entre développement produit “classique” et R&D au sens du statut JEI doit être définie clairement et justifiée.
Pour mesurer l’impact concret du statut JEI, un exemple chiffré est plus parlant. Imaginons une jeune entreprise innovante qui emploie trois ingénieurs à 4 000 € bruts mensuels et deux développeurs seniors à 5 500 € bruts mensuels, tous affectés à la R&D au sens JEI.
Chacun de ces salariés est en dessous du plafond individuel de 4,5 SMIC, ce qui signifie que la totalité de leur rémunération entre dans l’assiette d’exonération. Si l’on retient un ordre de grandeur de 25 à 30% de cotisations patronales sur cette assiette, l’exonération peut représenter entre 1 000 et 1 500 € par mois et par salarié.
Sur cinq salariés R&D, cela peut donc représenter autour de 72 000 € d’économies par an pour la jeune entreprise innovante. Et tant que le statut JEI est conservé, ces économies peuvent se répéter plusieurs années, dans la limite du plafond global d’exonération (5 PASS par établissement et par an).
En 2025, il est pertinent de raisonner en “famille” de statuts pour les entreprises innovantes : jeune entreprise innovante (JEI), jeune entreprise universitaire (JEU) et jeune entreprise de croissance (JEC).
➡️ La jeune entreprise universitaire JEU est une forme particulière de jeune entreprise innovante. Elle concerne des sociétés créées pour valoriser des travaux de recherche issus d’un établissement d’enseignement supérieur, avec un capital souvent détenu par des enseignants-chercheurs, des étudiants ou de jeunes diplômés. Une jeune entreprise universitaire JEU peut, sous conditions, bénéficier des mêmes exonérations que le statut JEI.
➡️ La jeune entreprise de croissance (JEC) vise des entreprises dont le modèle repose sur une forte dynamique d’emploi et de développement, sans pour autant atteindre toujours le même niveau de dépenses de R&D qu’une JEI. Ce statut de jeune entreprise de croissance propose un schéma d’exonérations sociales inspiré du statut JEI, adapté aux entreprises dont la trajectoire repose davantage sur la croissance que sur la seule intensité de R&D.
➡️ Les JEI créées avant 2023 cumulent potentiellement jusqu’à onze années de statut JEI, des exonérations de charges sociales, des exonérations d’impôt sur les bénéfices sur leurs premiers résultats, et des exonérations locales lorsque les collectivités l’ont prévu. Les JEI créées en 2023 disposent d’une durée d’éligibilité de huit ans et conservent l’exonération d’impôt sur les bénéfices sur les deux premiers exercices bénéficiaires. Les JEI créées à partir de 2024 s’inscrivent, elles, dans un modèle centré sur les exonérations sociales et locales.
Le statut JEI ne se pilote jamais isolément. Les jeunes entreprises innovantes qui optimisent réellement leur financement cumulent en général :
La clé est de ne pas multiplier les approches techniques. Les mêmes projets de R&D, incluant la réalisation d’opérations de conception et de développement expérimental, décrits avec la même rigueur scientifique, peuvent servir de base au CIR, au statut JEI et aux échanges avec les collectivités ou les financeurs.
Une jeune entreprise innovante gagne en efficacité en construisant un socle unique de documentation, puis en le réutilisant dans l’ensemble de ses démarches : obtenir le statut JEI, justifier ses dépenses de R&D dans le cadre du CIR, ou sécuriser ses exonérations locales.
Imaginons une jeune entreprise innovante deeptech créée en avril 2023, dans le domaine des technologies médicales ou industrielles. Cette entreprise obtient le statut JEI, consacre 25% de ses charges à la R&D et emploie progressivement huit salariés R&D à 4 200 € bruts de moyenne.
Sur cinq exercices, si elle reste dans les conditions du statut JEI, elle peut cumuler plusieurs avantages. Sur le plan social, le cumul d’exonérations de cotisations patronales d’assurances sociales sur huit profils techniques peut dépasser les 200 000 €. Sur le plan fiscal, les deux premiers exercices bénéficiaires peuvent être fortement allégés en impôt sur les bénéfices grâce à la possibilité de bénéficier d’une exonération d’impôt prévue pour les JEI créées avant le 1er janvier 2024. Sur le plan local, si la commune a voté l’exonération de CFE, la base imposable peut être neutralisée pendant plusieurs années.
Au total, l’écart entre un scénario “sans statut JEI” et un scénario “jeune entreprise innovante optimisée JEI + CIR + exonérations locales” peut représenter l’équivalent de plusieurs recrutements supplémentaires ou de plusieurs années de visibilité financière supplémentaires.
Les jeunes entreprises innovantes qui perdent leur statut JEI le font rarement par choix. C’est souvent par manque de suivi et de rigueur.
La première erreur est de laisser le ratio R&D / charges dériver sans le surveiller. Une entreprise qui renforce sa force de vente, son marketing ou ses fonctions support sans ajuster la R&D peut tomber sous les 20% de dépenses de R&D et perdre le statut JEI sur l’exercice.
La deuxième erreur est de confondre développement produit et véritable R&D. Tout ce qui est “technique” n’est pas forcément de la recherche au sens des textes. Pour rester une jeune entreprise innovante éligible au statut JEI, il faut être capable de démontrer des verrous techniques, une réalisation d’opérations de conception structurée et une vraie démarche de recherche.
La troisième erreur est de négliger la documentation. Un contrôle fiscal ou URSSAF peut intervenir plusieurs années après l’obtention du statut JEI. Sans fiches projets, sans comptes rendus, sans suivi des temps, une jeune entreprise innovante aura du mal à défendre la réalité et l’ampleur de ses travaux de R&D.
La réponse, pour les jeunes entreprises innovantes qui embauchent des profils scientifiques et techniques, reste clairement positive. Même si la possibilité de bénéficier d’une exonération d’impôt sur les bénéfices n’est plus accessible aux JEI créées après 2023, le statut JEI continue d’offrir un levier majeur sur la masse salariale et sur la fiscalité locale.
Avec une exonération sociale pouvant aller jusqu’à 4,5 SMIC par salarié et un plafond annuel global de 5 PASS par établissement, l’impact sur les comptes d’une jeune entreprise innovante est loin d’être marginal. Sur plusieurs années, ce sont des dizaines ou des centaines de milliers d’euros qui peuvent être réinjectés dans la R&D, les prototypes ou les recrutements.
L’enjeu n’est donc pas de demander le statut JEI “pour la forme”, mais de le piloter comme un outil financier stratégique : comprendre les règles, anticiper les changements de seuils, sécuriser le dispositif par un rescrit si nécessaire et articuler statut JEI, CIR et aides publiques dans une stratégie d’innovation cohérente.
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