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L’absentéisme atteint aujourd’hui un niveau critique en France, pesant lourdement sur la compétitivité et la cohésion interne des organisations. Cet article propose une analyse approfondie de ce phénomène et de ses enjeux pour les entreprises.
Avec un coût annuel estimé à 108 milliards d’euros et un taux parmi les plus élevés d’Europe, il révèle l’importance de suivre l’indicateur d’absentéisme pour mesurer l’ampleur du problème. Il révèle également un malaise profond : montée des troubles psychologiques, conditions de travail hétérogènes, arrêts de longue durée en hausse et cadre réglementaire complexe, qui traduisent souvent un état de santé ou de motivation préoccupant chez les salariés.
Pour les entreprises, la gestion de l’absentéisme devient un impératif stratégique, mêlant prévention, contrôle, accompagnement managérial et adaptation structurelle, afin de préserver durablement performance et responsabilité sociale. La présence au travail constitue ainsi un enjeu clé pour la performance organisationnelle.
42% des salariés ont connu une absence en 2023, avec une progression marquée des arrêts longs et un ancrage durable des troubles psychiques. Le secteur privé atteint un taux de 5,9% au premier semestre 2024, bien au-dessus de la moyenne européenne. Cette évolution découle d’un faisceau de facteurs : pénibilité, surcharge cognitive, fragilité mentale, déséquilibres organisationnels, mais aussi prescriptions médicales plus fréquentes, en particulier via la téléconsultation désormais encadrée.
La France se distingue par un système de protection sociale robuste, générateur de sécurité pour les salariés, mais parfois propice aux abus ou à un présentéisme inversé. À l’inverse, des pays comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne conjuguent contrôle renforcé, flexibilité et normes plus strictes.
La gestion des absences constitue un enjeu central pour les entreprises, tant elle influence directement la productivité, la qualité du travail et le fonctionnement quotidien des équipes. Une absence se définit comme le fait, pour un employé, de ne pas être présent sur son lieu de travail pendant une période donnée, qu’elle soit planifiée ou imprévue. Les types d’absences sont multiples :
Chacune de ces situations implique des démarches spécifiques et des impacts différents sur l’organisation.
Les conditions de travail et le bien-être des employés jouent un rôle déterminant dans la fréquence et la durée des absences. Comme l’a rappelé la ministre de la Santé, il est essentiel de comprendre les causes profondes des absences pour mettre en place des solutions adaptées.
Les entreprises doivent ainsi élaborer des politiques claires de gestion des absences, intégrant des procédures pour les congés maladie, les vacances et les absences imprévues, afin d’assurer la continuité du service et la cohésion des équipes.
Sur le plan réglementaire, la question de la limitation de la durée des arrêts maladie a récemment animé les débats au Sénat et à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a proposé de restreindre le renouvellement des arrêts de travail, notamment ceux prescrits par télémédecine, mais ces mesures ont été rejetées par les sénateurs, soucieux de préserver l’équilibre entre maîtrise des coûts et protection de la santé des salariés. Les députés, quant à eux, insistent sur la nécessité d’une approche équilibrée, tenant compte à la fois des impératifs économiques et du bien-être des employés.
L’impact financier des absences est loin d’être négligeable : on observe une hausse de 6% par an des coûts liés aux absences, qui atteignent 11 milliards d’euros en 2024.
Face à cette réalité, les entreprises doivent s’équiper d’outils performants pour le suivi et l’analyse des absences, en s’appuyant sur des indicateurs tels que :
Cette analyse permet d’identifier les tendances, d’anticiper les risques et de mettre en place des mesures ciblées pour améliorer le bien-être au travail et limiter l’impact sur la productivité.
En définitive, la gestion des absences requiert une approche globale, associant prévention, analyse des causes, adaptation des conditions de travail et mise en œuvre de solutions concrètes. En investissant dans des politiques RH structurées et des outils adaptés, les entreprises peuvent non seulement réduire les coûts liés aux absences, mais aussi renforcer l’engagement et la performance de leurs équipes.
L’absentéisme représente 4% du PIB national, soit 108 milliards d’euros par an, en raison :
Par exemple, un départ non anticipé d’un collaborateur clé peut désorganiser une équipe entière, ralentir les projets en cours et nécessiter une réorganisation rapide pour maintenir la productivité. La charge s’alourdit dans les secteurs à forte pénibilité : santé, BTP, industrie.
On observe également la fragilisation du management :
44% des cadres se déclarent en effet en détresse psychologique face à la gestion des absences, d’après les organisations syndicales de l’encadrement. Ce « stress managérial » devient un vecteur indirect, mais puissant d’absentéisme supplémentaire.
La prévention s’articule autour de la QVT, du diagnostic RH et du rôle central des DRH :
Le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), régulièrement mis à jour, devient un instrument structurant pour analyser les risques, ajuster les postes et engager des actions correctives.
Le contrôle des arrêts, via la contre-visite médicale ou le signalement à la CPAM, constitue un autre volet essentiel. Les entreprises peuvent s’appuyer sur des procédures juridiques éprouvées pour sécuriser leur gestion, contester des arrêts atypiques et réduire l’impact financier cumulatif, notamment via le recouvrement des IJSS.
Souvent jugé non prioritaire par les gestionnaires de paie face aux autres missions RH à mener, le recouvrement d’indemnités journalières de Sécurité sociale est une tâche énergivore, .
Avec une durée d’attente de 30 min en moyenne, la CPAM n’autorise que le traitement d’un dossier à la fois, ce qui explique que le recouvrement des IJSS soit souvent relégué à plus tard.
Une procrastination qui peut vite coûter à l’entreprise quand on sait que le délai de prescription de ces indemnités est de 27 mois et qu’une fois passé ce délai, les liquidités sont irrémédiablement perdues.
L’externalisation du recouvrement de l’absence peut ainsi s’avérer une solution efficace pour soulager les équipes RH de la gestion des arrêts maladie.
Elle leur permet par ailleurs de pouvoir se recentrer sur leur cœur de métier tout en :
L’analyse internationale montre que les approches intégrant prévention, flexibilité, responsabilisation et qualité de vie au travail permettent une réduction durable de l’absentéisme. Les modèles scandinaves, qui ont abaissé les absences de 25% en dix ans, illustrent l’efficacité d’une stratégie globale mêlant santé mentale, ergonomie, organisation du travail et soutien au management.
Par ailleurs, la lutte contre l’absentéisme ne se limite pas au contrôle : elle implique une transformation culturelle, une gouvernance RH renforcée et un engagement collectif pour créer des environnements de travail plus stables, inclusifs et performants.
Echangez avec un expert dès maintenant !
Je prends RDV arrow_outwardarrow_outwardEn 2024, le taux d’absentéisme dans le secteur privé atteint environ 5,9%, avec une progression continue des absences longues et des arrêts pour motifs psychologiques. Ce niveau place la France au-dessus de la moyenne européenne. Les secteurs soumis à une forte pénibilité (santé, BTP, industrie) enregistrent des taux nettement supérieurs, reflétant des tensions structurelles sur le marché du travail. Cet indicateur s’impose aujourd’hui comme un baromètre essentiel du climat social et de la santé organisationnelle.
Les causes sont multiples et souvent imbriquées. On observe une hausse marquée des troubles psychologiques (burn-out, anxiété, épuisement), une pénibilité physique persistante dans certains métiers, une surcharge cognitive, ainsi que des déséquilibres organisationnels (charge mal répartie, management sous tension, faible reconnaissance). S’ajoutent les arrêts maladie prescrits en téléconsultation, aujourd’hui davantage encadrés, et des conditions de travail hétérogènes selon les secteurs et la taille des structures.
Le taux d’absentéisme se calcule de la manière suivante :
(Nombre total d’heures d’absence / Nombre total d’heures théoriques travaillées) × 100
Ce calcul doit intégrer l’ensemble des absences non planifiées (maladie, accidents, absences injustifiées) pour refléter fidèlement l’impact réel sur l’activité. Les organisations matures complètent cet indicateur par la durée moyenne des arrêts, la fréquence et la typologie des absences, afin d’obtenir une lecture plus fine de leurs enjeux sociaux.
La hausse résulte d’un cumul de facteurs. La France fait face à une augmentation continue des troubles psychiques, renforcée par des transformations profondes du travail : intensification des tâches, complexité accrue, épuisement managérial. Les arrêts longs progressent, notamment chez les salariés fragilisés par des conditions de travail irrégulières ou une organisation sous tension. Enfin, le cadre réglementaire — protecteur mais complexe — contribue parfois à allonger les durées d’absence, notamment en cas de renouvellements successifs.
Le coût global de l’absentéisme atteint 108 milliards d’euros par an, soit près de 4% du PIB. Pour une entreprise, l’impact financier dépasse largement les seuls salaires maintenus : désorganisation des équipes, perte d’efficacité opérationnelle, surcharge managériale, délais allongés, administration RH accrue et remplacement des collaborateurs absents. Dans certains secteurs, ces coûts pèsent directement sur la compétitivité et la qualité de service.
La réduction de l’absentéisme repose sur une stratégie combinant prévention, organisation du travail, analyse des causes et pilotage RH structuré. Les leviers les plus efficaces incluent :
Les entreprises les plus performantes adoptent une approche continue, intégrant autant la dimension sociale que la performance opérationnelle.
L’impact managérial est majeur : surcharge, réorganisation permanente, tensions internes, perte de cohésion. Près de 44% des managers déclarent se sentir en détresse psychologique liée à la gestion des absences. Cette pression accentue elle-même les risques d’absentéisme — un cercle vicieux qui fragilise durablement les équipes. La montée du stress managérial constitue aujourd’hui un indicateur social central.
Les arrêts longs bouleversent les équilibres RH : besoin de suivi individualisé, réorganisation des équipes, maintien du lien avec le salarié, planification des remplacements, adaptation des postes lors du retour. Leur progression impose aux organisations de structurer davantage leur pilotage des absences, avec des outils permettant d’analyser les causes, anticiper les risques et fluidifier le traitement administratif.
Les indicateurs clés incluent :
Un pilotage efficace repose sur une analyse croisée de ces données, permettant de cibler précisément les sources de déséquilibre dans l’organisation.
Sources : Diot-Siaci, WTW, Malakoff Humanis, Institut Sapiens / Previssima, SNFOCOS, WTW / ST72
Leyton est membre du réseau pluridisciplinaire LEYTON LEGAL. Pour l’ensemble de nos missions, Leyton fait intervenir des cabinets d’avocats indépendants pour la réalisation des parties juridiques.
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