Pourquoi renégocier ses contrats déchets professionnels ?
Quels leviers pour réduire les coûts et l’impact environnemental du traitement des déchets ? La g...

Les déchets, qu’ils soient des déchets non dangereux (DND) valorisables, des déchets industriels banals (DIB), des déchets industriels dangereux (DID), des biodéchets ou d’autres catégories, sont souvent perçus comme une contrainte inévitable, un gaspillage de temps, de ressources et d’argent. Issus d’emballages, de rebuts de production ou de chutes, ils matérialisent parfois une non-qualité, des procédés obsolètes ou une absence de pilotage global des flux.
Pourtant, leur impact dépasse largement la simple ligne « déchets » du compte d’exploitation : selon l’ADEME, le coût réel de gestion peut être 7 à 20 fois supérieur aux montants facturés par les prestataires, lorsqu’on intègre les coûts cachés liés au stockage, au transport interne, aux arrêts de production et à la non-valorisation des matières. Dans un contexte où le coût des matières premières s’envole et où les exigences réglementaires se renforcent, la gestion des déchets devient un véritable enjeu économique et stratégique.
Par ailleurs, les risques réglementaires se multiplient. Entre la loi AGEC, l’obligation du tri à la source des biodéchets depuis 2024, ou encore la généralisation de la responsabilité élargie du producteur (REP) à de nouveaux secteurs, les entreprises doivent désormais prouver leur conformité et anticiper les contrôles. La pression des parties prenantes — investisseurs, clients, collectivités et collaborateurs — accentue cette exigence de transparence et de performance environnementale.
On connaît tous l’adage : « Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas ». Cette maxime, longtemps perçue comme idéaliste, prend aujourd’hui tout son sens. Elle s’impose comme une véritable stratégie de compétitivité, autant pour réduire les coûts que pour préserver les ressources et limiter la pollution. Produire mieux avec moins n’est plus une option mais une nécessité. Dans ce contexte, la gestion des déchets n’est plus un centre de coûts, mais un levier de performance durable, capable de concilier rentabilité économique, conformité réglementaire et engagement environnemental.
Notre expérience, forgée au fil de plus de 600 missions d’optimisation menées auprès d’entreprises mono ou multisites, dans des secteurs aussi variés que l’industrie, l’agroalimentaire, la distribution ou les services, nous a permis d’identifier deux réalités majeures : les déchets ne sont pas une fatalité, et leur coût réel est souvent bien supérieur à ce que l’on imagine.
Les déchets d’activités économiques ne sont pas une contrainte inévitable, mais un levier d’amélioration. Leur réduction repose sur une démarche proactive, combinant analyse fine des flux, sensibilisation des équipes et mise en place de processus optimisés. En identifiant les sources de gaspillage dès la conception des produits ou des services, il est possible de limiter drastiquement leur volume, tout en améliorant la performance globale de l’entreprise.
La facture des déchets est souvent surévaluée de 30 à 60% en raison de contrats mal négociés, de filières de traitement sous-optimisées ou d’une méconnaissance des alternatives économiques. Pourtant, des solutions concrètes existent à chaque étape du cycle de production. Que ce soit par la réutilisation des matières, le recyclage intelligent, ou la renégociation des contrats avec les prestataires, les marges de progression sont considérables. Par exemple, un simple audit des flux peut révéler des surcoûts liés à des collectes trop fréquentes ou à des erreurs de tri, tandis qu’une approche collaborative avec les fournisseurs permet d’écoconcevoir les emballages pour réduire les résidus.
Beaucoup d’entreprises se contentent encore de « gérer » leurs déchets en aval, par manque d’information ou par désintérêt. Une approche qui les prive d’opportunités majeures. L’enjeu n’est plus de « gérer » les déchets, mais de les transformer en avantage compétitif. En adoptant une vision globale – de l’amont à l’aval –, les entreprises peuvent diminuer leur empreinte environnementale, optimiser leurs budgets et anticiper les exigences réglementaires. La question n’est plus si elles doivent agir, mais comment le faire de manière efficace et pérenne.
On parle alors de performance globale.
💡 Exemple concret : dans une entreprise du secteur agroalimentaire, la simple analyse des rebuts de production a permis d’identifier des pertes récurrentes représentant plus de 10% du tonnage total de déchets. En revoyant le paramétrage des machines et la gestion des invendus, l’entreprise a réduit ses volumes de déchets de près de 25% et réalisé des économies supérieures à 40 000 € par an, tout en améliorant la qualité des produits finis.
Le principe de la « patate chaude » est encore trop répandu : une fois les déchets dans les bennes, conteneurs ou compacteurs, les entreprises considèrent qu’ils deviennent la responsabilité des prestataires. Résultat ? Elles se lancent dans des consultations fastidieuses, espérant obtenir 4 à 10% d’économies après des mois d’efforts… alors que des gains bien plus importants sont possibles.
Comment atteindre ces 30 à 60% d’économies sans complexifier les processus ? Tout commence par un audit 360° du processus de gestion, pour identifier les points clés, les contraintes et les opportunités d’optimisation. Une démarche qui permet de repenser la gestion des déchets dès leur source, plutôt que de les traiter en bout de chaîne.
Et pour la suite du processus :
En savoir plus sur le processus d’optimisation de la valorisation des déchets en entreprises.
Il est essentiel de comprendre que les prestataires, bien que professionnels et respectueux des réglementations, n’ont pas les mêmes intérêts que votre entreprise. Plusieurs raisons expliquent cette divergence :
Les prestataires de gestion des déchets sont rémunérés au tonnage traité — qu’il s’agisse d’incinération, d’enfouissement ou de recyclage. Leur modèle économique repose donc directement sur le volume de déchets collectés et traités, non sur la réduction de ces volumes. En conséquence, ils n’ont aucune incitation réelle à vous aider à produire moins de déchets ou à rationaliser vos flux en amont.
Dans certains cas, les contrats de prestation incluent même des clauses de volume minimal garanti, vous obligeant à payer pour des tonnages que vous n’avez pas nécessairement générés. Cette logique, héritée d’un système où la performance se mesurait au tonnage traité plutôt qu’à la valorisation obtenue, entretient une dépendance économique défavorable aux entreprises.
De plus, les prestataires historiques disposent souvent de leurs propres centres de tri, d’incinération ou de recyclage, qu’ils doivent alimenter pour assurer leur rentabilité. Cela crée un conflit d’intérêts structurel : plus vos volumes augmentent, plus leur chiffre d’affaires progresse.
Or, du point de vue de l’entreprise, chaque tonne traitée représente une charge supplémentaire — logistique, financière et environnementale.
Les prestataires de collecte et de traitement des déchets supportent des coûts fixes importants : salaires des chauffeurs, carburant, entretien des véhicules, assurance, amortissement du matériel, suivi réglementaire et maintenance des bennes. Pour rentabiliser ces investissements, leur priorité opérationnelle consiste à maximiser le taux d’utilisation de leur flotte, non à réduire vos coûts de gestion.
Ainsi, les rotations de bennes sont souvent planifiées selon la disponibilité des camions et non selon le taux réel de remplissage ou l’optimisation du volume collecté. Dans les faits, des collectes trop fréquentes, même avec des bennes partiellement remplies, peuvent générer des revenus additionnels pour le prestataire tout en alourdissant vos factures.
Cette logique de rendement, centrée sur l’activité de collecte de déchets plutôt que sur la performance client, crée une distorsion d’intérêt : ce qui améliore la rentabilité du prestataire accroît simultanément le coût de traitement des déchets pour l’entreprise. Une gestion optimisée impose donc de reprendre la main sur la planification des flux, en ajustant la fréquence des collectes aux volumes réels de déchets produits et en suivant précisément les indicateurs de remplissage.
Les prestataires de gestion des déchets disposent généralement de partenariats historiques avec des centres de traitement – incinérateurs, décharges, plateformes de tri ou unités de recyclage – avec lesquels ils entretiennent des relations contractuelles de long terme. Ces partenariats, souvent intégrés à leur modèle économique, orientent naturellement leurs choix de filières, parfois au détriment des intérêts économiques de leurs clients.
Ces circuits “maison” leur offrent plusieurs avantages :
Cette logique d’intégration verticale leur permet de maîtriser la chaîne complète, du transport jusqu’au traitement final, mais elle limite souvent l’accès à des filières alternatives plus performantes ou plus vertueuses. Résultat : les entreprises paient pour un service standardisé, sans bénéficier des meilleures opportunités du marché ni des innovations portées par les nouveaux acteurs de l’économie circulaire.
Les acteurs de l’économie circulaire et certaines industries consommatrices de matières premières secondaires offrent aujourd’hui des solutions de valorisation plus performantes, plus traçables et souvent plus rentables que celles proposées par les prestataires traditionnels. Ces partenaires innovants transforment les déchets en ressources, en les réinjectant directement dans des boucles industrielles locales ou sectorielles — un modèle gagnant à la fois sur le plan économique et environnemental.
Pourtant, ces filières demeurent peu exploitées par les collecteurs historiques, qui privilégient leurs propres circuits ou ceux de leurs partenaires contractuels. Ce manque d’ouverture prive de nombreuses entreprises d’opportunités réelles de réduction des coûts et d’amélioration du taux de valorisation.
Aujourd’hui, la France recense près de 5 000 filières de valorisation actives, couvrant aussi bien les plastiques techniques que le bois, le textile, les métaux, les biodéchets ou encore les déchets électroniques. Ces réseaux, souvent régionaux et spécialisés, constituent un gisement économique sous-exploité. Encore faut-il savoir les identifier, les qualifier et les mobiliser efficacement, en tenant compte des contraintes logistiques, réglementaires et environnementales propres à chaque site.
La bonne nouvelle ? Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur secteur, peuvent réaliser des économies significatives sur leur poste « Déchets ».
Pour en savoir plus, découvrez notre article sur « Les 6 erreurs stratégiques à éviter absolument avec vos déchets«
Voici les 3 étapes clés pour y parvenir :
Analyse des flux et des achats, de la logistique interne et externe, des contraintes et des opportunités… Cette phase initiale permet de dresser un état des lieux précis de votre gestion actuelle des déchets.
Après des audits sur site et la rencontre de vos équipes, l’analyse de l’ensemble des solutions existantes est faite afin d’en sélectionner les plus pertinentes pour votre situation. Par la suite, la présentation de ces recommandations vous est soutenue avec l’ensemble des raisons ayant motivé ces choix.
Mise en place des consultations (rédaction d’appels d’offres, sourcing de filières) et les négociations pour choisir les meilleurs prestataires.
Pour garantir le succès à long terme, le suivi rigoureux avec paramétrage et formations aux outils est indispensable. Un monitoring continu de la nouvelle organisation permet de contrôler les factures, animer le réseau et proposer des plans de progrès.
Chez Leyton, nous partageons les mêmes intérêts que nos clients : notre rémunération est directement liée aux économies réalisées. Notre objectif ? Vous aider à arrêter de « jeter de l’argent par les fenêtres » tout en réduisant votre impact environnemental.
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