Qu’est-ce que la contribution carbone volontaire et quels sont ses intérêts ? keyboard_arrow_down
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La contribution carbone volontaire consiste à financer des projets permettant la capture, l’évitement ou la séquestration de GES, dont l’impact viendra contrebalancer les émissions non évitables…
Cette solution obéit au principe selon lequel « une quantité donnée de gaz à effet de serre émise dans un endroit, peut être «compensée» par la réduction ou la séquestration d’une quantité équivalente de gaz à effet de serre en un autre lieu.
Les projets financés se tiennent pour la plupart dans des pays en voie de développement, où les populations sont les plus vulnérables et les plus exposées aux conséquences du réchauffement climatique. Des initiatives locales peuvent également être soutenues par le mécanisme de compensation carbone volontaire.
Quelles sont les étapes à suivre pour compenser ? keyboard_arrow_down
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Afin que la contribution carbone volontaire demeure un outil efficace pour atteindre la neutralité carbone mondiale, les acteurs qui l’appliquent doivent l’intégrer dans une approche globale de réduction de leurs émissions. Cela implique de :
> Mesurer leur empreinte carbone en prenant en compte les émissions des scopes 1 (émissions directes de gaz à effet de serre), 2 (émissions indirectes liées à la consommation d’énergie) et 3 (autres émissions indirectes).
> Réduire leurs émissions en mettant en place des actions telles que l’utilisation d’énergies renouvelables, l’utilisation de machines plus performantes du point de vue énergétique ou l’adoption de pratiques d’achat plus responsables.
> Compenser leurs émissions résiduelles en finançant des projets vertueux à hauteur de la part de leurs émissions qui ne peuvent pas être directement réduites.
Qu’est-ce que la neutralité carbone ? keyboard_arrow_down
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D’après l’ADEME, la neutralité carbone vise à « contrebalancer, à l’échelle du globe, toute émission de gaz à effet de serre (GES) issue de l’activité humaine par des séquestrations de quantités équivalentes de CO2, c’est-à-dire leur maintien en dehors de l’atmosphère sur le long terme ». En d’autres termes, il s’agit d’un équilibre entre les émissions et séquestrations de GES.
La démarche de neutralité carbone comprend :
1. La mise en place de stratégies climat cohérentes avec l’Accord de Paris
2. La contribution au financement de projets de réduction et de séquestration
3. La participation à la décarbonation, en amont de ses fournisseurs et en aval, de ses clients, via l’adoption de mode de consommation bas-carbone.
Individuellement ou à leur échelle, les acteurs économiques, collectivités et citoyens qui s’engagent pour la neutralité carbone, ne sont, ni ne peuvent devenir, ou se revendiquer, neutres en carbone, l’atteinte d’une neutralité carbone arithmétique n’ayant pas de sens à leur échelle. En revanche, ils peuvent valoriser leur engagement vers la neutralité carbone en 2050 qui contribue à cet objectif mondial.
Quelles sont les entreprises concernées par la contribution carbone volontaire ? keyboard_arrow_down
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Toutes les entreprises peuvent potentiellement être concernées par la contribution carbone volontaire. En effet, cette contribution consiste en une démarche volontaire d’une entreprise ou d’une organisation visant à financer des projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre afin de compenser les émissions qu’elle génère. Ainsi, toute entreprise souhaitant réduire son empreinte carbone peut recourir à cette contribution volontaire. Cependant, il est à noter que certaines entreprises sont soumises à des réglementations spécifiques en matière d’émissions de gaz à effet de serre, notamment dans le cadre de la directive européenne sur le système d’échange de quotas d’émissions (SEQE).
Qu’est-ce qu’un standard ? keyboard_arrow_down
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Un standard est un label dont le rôle est de certifier la conformité des projets de contribution carbone. Il s’assure notamment que les projets respectent bien les critères fondamentaux donnant droit à la délivrance de crédits carbone, à savoir :
– Additionnalité : le projet doit permettre d’éviter des émissions de GES par rapport à une situation de référence. Le porteur du projet doit également prouver que sans le revenu issu de la vente des crédits carbone, son projet n’aurait pas pu être mis en œuvre.
– Permanence : l’impact du projet sur la réduction des émissions des GES doit être irréversible. Il doit être prouvé que les émissions séquestrées par exemple, ne seront pas libérées de nouveau dans l’atmosphère.
– Vérification : le projet doit être soumis à une vérification annuelle des économies de GES réalisées par un auditeur indépendant, et s’inscrire dans un processus transparent de suivi des crédits.
– Quantification : le projet doit respecter des méthodologies précises permettant de mesurer son impact réel et s’assurer de la pertinence de chaque crédit carbone alloué. Un même projet ne doit pas donner lieu à une valorisation multiple pour le même impact.
Quels sont les standards internationaux ? keyboard_arrow_down
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On recense plusieurs labels sur le marché des crédits carbone, dont trois comptant parmi les plus représentés à l’échelle internationale.
• VCS (Voluntary Carbon Standard) : il s’agit aujourd’hui du standard le plus utilisé au monde sur le marché des crédits carbone. Créé en 2006, il compte plusieurs programmes de certification en lien avec le développement durable et la lutte contre le dérèglement climatique. Ce label est particulièrement centré sur la qualité des économies de gaz à effet de serre (GES) et sur la garantie du respect des critères d’additionnalité, permanence, vérification et mesurabilité.
• MDP (mécanisme de développement propre) : c’est l’un des mécanismes de financement prévus par le Protocole de Kyoto pour la compensation carbone. Il permet aux pays en développement d’accueillir des projets de réduction ou séquestration d’émissions de GES développés et financés par des pays développés. Les projets éligibles au MDP doivent être additionnels et en adéquation avec la politique de développement durable du pays hôte. Les méthodologies approuvées par le MDP ont servi de modèle pour d’autres standards dans des domaines variés tels que la production d’énergie, le transport ou la construction.
• GOLD STANDARD : développé par le WWF en 2003, ce label s’est appliqué dans un premier temps aux crédits MDP puis aux crédits du marché volontaire. Les projets labellisés par ce standard ont la particularité d’être à la fois générateurs de réduction d’émissions de GES et mais aussi porteurs de co-bénifices socio-économiques profitant aux populations locales des zones abritant ces projets.
Qu’est-ce que le label Bas-Carbone ? keyboard_arrow_down
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Le Label bas-carbone est un standard développé en 2019 par le Ministère de la Transition Écologique afin d’encadrer les projets de réduction d’émissions de GES en France et contribuer à la transition écologique sur le territoire national. Il apparaît comme un instrument œuvrant en faveur du déploiement de la Stratégie Nationale Bas Carbone, et à l’objectif d’atteinte de la neutralité carbone en France d’ici 2050.
Il se concentre sur l’atteinte de trois objectifs principaux :
• Déclencher de nouvelles actions pour réduire les émissions et séquestrer du carbone en favorisant l’émergence de projets qui vont au-delà de la réglementation et des pratiques usuelles.
• Certifier la qualité et l’impact des projets en fournissant un cadre de suivi et de vérification des réductions d’émissions de gaz à effet de serre.
• Flécher des financements privés vers des projets vertueux en assurant la traçabilité des financements.
Pourquoi doit-on penser contribution carbone volontaire plutôt que compensation ? keyboard_arrow_down
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On parle souvent de « contribution carbone volontaire » plutôt que de « compensation carbone volontaire » pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le terme « compensation » peut donner l’impression que l’entreprise cherche simplement à neutraliser les émissions qu’elle génère sans véritablement chercher à les réduire. En revanche, l’expression « contribution carbone volontaire » met davantage l’accent sur l’engagement de l’entreprise dans une démarche proactive de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.
Ensuite, le terme « contribution » souligne le caractère volontaire de la démarche, contrairement à l’utilisation du terme « compensation » qui peut être perçue comme une simple obligation réglementaire. La notion de contribution met en avant l’engagement volontaire de l’entreprise en faveur de la transition énergétique et climatique, et peut contribuer à renforcer son image auprès de ses clients et de ses partenaires.
La contribution carbone volontaire offre aux entreprises la possibilité de maximiser leur impact et de s’engager dans une réelle démarche de réparation de la planète.
Si elle est déployée parallèlement à :
1. Un effort rigoureux de réduction des émissions de carbone dans la chaîne de valeur,
2. Et une approche de communication et d’engagement des parties prenantes militant pour un changement de système visant le net zéro.
Enfin, l’utilisation du terme « contribution carbone volontaire » peut également permettre de mieux distinguer cette démarche des autres formes de compensation, telles que la compensation écologique ou la compensation carbone obligatoire dans le cadre du marché européen des quotas d’émission.
Quels sont les secteurs qui émettent le plus de carbone ? keyboard_arrow_down
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Près de trois quarts des émissions globales peuvent être imputées à ce secteur. L’utilisation de cette énergie est diverse et elle s’étend des besoins industriels (métallurgie par exemple) aux transports avec les déplacements routiers, l’aviation ou encore le transport de marchandises.
Pour reprendre un autre exemple, très concret et géographiquement proche de nous, nous pouvons également constater que l’industrie représente plus de 5% des émissions globales avec notamment les cimenteries ou encore les industries chimiques. Le processus de production d’ammoniaque, fréquemment utilisé pour purifier l’eau ou dans les produits d’entretien, est particulièrement émetteur de gaz à effet de serre.
Dans un autre registre, l’agriculture, l’agroforesterie et la gestion des sols sont aussi particulièrement émetteurs de gaz à effet de serre. L’élevage d’animaux et majoritairement les ruminants a une très grande empreinte carbone. En effet, le processus de digestion de l’animal produit une grande quantité de méthane qui a un pouvoir réchauffant bien supérieur à celui du CO2.
Par conséquent, si nous agrégeons toutes les émissions liées à la production et la distribution de notre nourriture, nous pouvons considérer que cette dernière est responsable de plus d’un quart des émissions globales.
Source : Climate Watch, the world Ressources Institute (2020)