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L’échec de la commission mixte paritaire sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 ne marque pas la fin des réformes envisagées en matière de fiscalité énergétique. Accises sur l’électricité, critères d’éligibilité aux tarifs réduits, mesures environnementales : ces évolutions restent structurantes pour les entreprises, en particulier celles dont la consommation d’énergie est significative.
Dans un contexte de transformation du marché de l’électricité — marqué notamment par la fin de l’ARENH et l’évolution des mécanismes de soutien — les entreprises doivent dès à présent anticiper les impacts potentiels de ces mesures sur leurs coûts énergétiques et leur conformité réglementaire en 2026.
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026, adopté en première lecture par le Sénat le 15 décembre 2025, prévoyait d’introduire des mesures majeures dans les domaines de la fiscalité énergétique, de l’environnement et d’autres secteurs économiques.
Ces évolutions auraient eu pour objectif de simplifier les catégories tarifaires, réduire les coûts énergétiques pour les ménages et les entreprises, et renforcer les incitations écologiques.
Les députés et sénateurs réunis en commission mixte paritaire le vendredi 19 décembre ont échoué à trouver un compromis sur le texte. Par conséquent, la navette va donc reprendre en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale.
Dans l’attente de la réouverture des débats, une loi spéciale a été adopté à l’unanimité par les deux chambres du Parlement le 23 décembre et promulgué au Journal officiel le 27 décembre. Cette loi spéciale reconduit, jusqu’à l’adoption du budget pour l’année 2026, les impôts et les enveloppes allouées à l’État dans les conditions de 2025.
A noter : les crédits et réductions d’impôt qui arrivaient à échéance au 31 décembre 2025 ne sont pas reconduits pour l’instant.
Ce projet de loi s’inscrit dans un contexte marqué par une évolution du secteur de l’énergie avec la fin de l’ARENH – Accès Régulé à l’ électricité Nucléaire Historique – et la mise en place du Versement Nucléaire Universel.
> En savoir plus sur les changements du secteur énergétique
Il est également lié à la loi DDADUE (diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne), qui impose à certaines entreprises de mettre en place un système de management de l’énergie via un organisme accrédité.
La réforme des accises sur l’électricité, telle que proposée dans le PLF 2026, marquerait une évolution importante du régime applicable aux entreprises consommant significativement de l’électricité. Au-delà du tarif lui-même, l’enjeu réside souvent dans la qualification de l’activité, la catégorie d’intensité énergétique, et la capacité à justifier l’éligibilité aux taux réduits en cas de contrôle.
⚠️ Ce que cela change concrètement pour les entreprises
La réforme des accises sur l’électricité ne se limite pas à une évolution tarifaire. Elle implique pour les entreprises :
Anticiper ces changements permet de sécuriser sa fiscalité énergétique et d’éviter des régularisations coûteuses.
On note une refonte des accises :
Pour rappel : Un tarif réduit de 0,5 €/MWh était applicable jusqu’au 31 décembre 2025 aux entreprises remplissant cumulativement les conditions suivantes :
Avec ce texte, les entreprises devraient justifier de deux conditions cumulatives afin de bénéficier des taux réduits :
1. Entrer dans une catégorie fiscale d’entreprise
Qu’elles entrent dans une des catégories fiscales d’entreprise mentionnées ci-dessous et qui sont associés à un tarif d’accise en fonction de leur intensité énergétique :
2. Justifier de l’exercice d’activités spécifiques
Les activités industrielles éligibles aux tarifs réduits incluraient :
Un arrêté du ministre chargé du budget précisera les activités considérées comme fortement exposées à la concurrence internationale et, à ce titre, éligibles aux niveaux les plus bas d’accise.
À noter : Contrairement à l’électricité, aucun changement spécifique ne serait prévu concernant le tarif de base de l’accise sur le gaz naturel. Cette décision s’inscrit dans un contexte où les dispositifs des CEE (certificats d’économies d’énergie) et des TEE (travaux d’efficacité énergétique) favorisent l’installation ou le remplacement d’équipements au gaz naturel, de chauffage notamment, par des installations utilisant des énergies renouvelables.
Initialement prévue pour réduire les volumes de plastique à usage unique, cette taxe a finalement été retirée par les sénateurs.
Une hausse modérée de la TGAP serait prévue pour les déchets orientés vers l’enfouissement ou l’incinération sans valorisation énergétique. Bien que cet amendement ait été supprimé par l’Assemblée nationale, le Sénat l’avait réintroduit de manière modérée.
Une réduction du taux de Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) serait appliquée à certaines prestations de collecte et de traitement des déchets, visant à soutenir les acteurs économiques confrontés à ces hausses.
Les professionnels dont la consommation d’électricité est significative gagneront à anticiper ces évolutions en amont. Cela implique notamment de :
Le PLF 2026 reflétait une volonté de simplification et de réduction des coûts énergétiques pour les ménages et les entreprises. Bien que le texte n’ait pas été adopté, les entreprises doivent rester vigilantes et se préparer aux futures évolutions liées à la seconde étude du projet en février 2026 et aux impacts que ce projet de loi pourrait avoir sur les budgets.
Nos experts vous accompagnent pour qualifier votre activité, sécuriser vos taux d’accise et anticiper les évolutions réglementaires dès 2026.
Je prends contact avec un expert arrow_outwardarrow_outwardL’accise sur l’électricité est une taxe appliquée à la consommation d’électricité. Elle s’ajoute au prix de l’énergie et varie selon le type de consommateur (ménages, entreprises, industries, etc.). Pour les entreprises, cette taxe peut être modulée en fonction de leur intensité énergétique et de leur secteur d’activité. Certaines entreprises, notamment celles dont la consommation d’électricité est élevée ou qui sont exposées à la concurrence internationale, peuvent bénéficier de tarifs réduits sous conditions.
Non, le PLF 2026 n’est pas définitivement abandonné. L’échec de la commission mixte paritaire (CMP) signifie que le texte doit être réexaminé en nouvelle lecture par l’Assemblée nationale et le Sénat. En attendant, une loi spéciale a été adoptée pour reconduire les impôts et dépenses de 2025 jusqu’à l’adoption du budget 2026. Les débats devraient reprendre en février 2026, et les mesures pourraient évoluer.
A titre d’information, dans le cadre des discussions au Sénat sur le PLF 2026, un amendement a été adopté prévoyant des tarifs réduits plus bas que ceux initialement prévus en 2025. Ils sont appliqués depuis le 1er janvier 2026 dans l’attente de l’adoption définitive du PLF 2026.
Afin de bénéficier des tarifs réduits, il faut combiner deux critères :
1. Appartenir à une catégorie d’intensité énergétique :
A noter que les catégories devraient évoluer avec le PLF 2026.
2. Exercer une activité éligible :
Les entreprises doivent justifier leur éligibilité par des documents comptables et techniques.
A noter : les tarifs sont susceptibles d’évoluer avec la relecture du PLF 2026. Au 1er janvier 2026 et jusqu’à l’adoption définitive de la loi de finance, les tarifs appliqués sont ceux voté en 2025 et mentionné dans l’article L312-65 :

Pour justifier leur éligibilité aux tarifs réduits, les entreprises doivent préparer :
Ces justificatifs peuvent être demandés lors de contrôles fiscaux.
L’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique) était un mécanisme permettait aux fournisseurs d’électricité d’acheter une partie de la production nucléaire à un tarif régulé (42 €/MWh), afin de proposer des prix compétitifs aux consommateurs. Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau dispositif est en place : le Versement Nucléaire Universel (VNU), qui redistribue une partie des revenus du nucléaire historique.
La réforme des accises sur l’électricité, prévue dans le PLF 2026, s’inscrit dans ce contexte de transformation du marché de l’énergie. Pour les entreprises, la fin de l’ARENH pourrait entraîner une hausse des coûts de l’électricité pour certaines entreprises, ce qui rend d’autant plus crucial l’accès aux tarifs réduits d’accise.
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