Déchets hospitaliers : gestion, valorisation et réduction des coûts

  • Par Leyton
    • 27 Mar 2025
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Déchets hospitaliers

La gestion des déchets hospitaliers est devenue une priorité stratégique pour les établissements de santé. Face à l’augmentation des volumes de déchets médicaux et à l’intensification des exigences réglementaires (loi AGEC, filières REP, redevance spéciale), les hôpitaux doivent adopter des approches globales et rentables.

Une stratégie efficace de tri, valorisation et réduction des déchets permet non seulement de répondre aux obligations légales, mais aussi de réaliser d’importantes économies sur les coûts de traitement et la logistique associée. Il est crucial d’adapter ces stratégies en fonction de l’activité spécifique de chaque établissement de santé pour une gestion optimale.

La transition énergétique devient une exigence incontournable pour tous, y compris pour les établissements de santé.

Face aux nouvelles réglementations, aux contraintes budgétaires, mais également à la pression sociétale, il est plus que nécessaire de s’adapter en tenant compte de la quantité de déchets générés. Cependant, le coût et les investissements nécessaires constituent le principal frein à la mise en place d’un plan efficace.

Gestion des déchets, ressources humaines ou encore performance énergétique : autant de leviers existent

Dans cet article, nous mettons l’accent sur la gestion optimisée des déchets des hôpitaux.

Gestion des déchets hospitaliers : quels défis pour les centres de santé ?

Les hôpitaux, du fait de leur spécificité sectorielle, font face à des défis supplémentaires lorsqu’il est question de déchets : 

  • Une grande variété de déchets : DASRI (Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux), déchets industriels banals (DIB), biodéchets et produits pharmaceutiques non utilisés. Le saviez-vous ? Une évolution réglementaire récente permet aujourd’hui la déclassification de certains déchets DASRI en DIB réduisant les coûts associés ! 
  • Des coûts mal optimisés : la gestion éclatée des flux entraîne des surcoûts inutiles. 
  • Une pression réglementaire croissante : la loi impose un tri plus strict et une valorisation accrue des déchets. 
Principales filières de traitement des déchets hospitaliers

Comparatif des principales filières de traitement des déchets hospitaliers, selon leur type, leur coût estimé, la méthode de traitement applicable et les principales réglementations en vigueur. Ce tableau permet d’identifier les leviers d’optimisation à activer pour réduire les coûts et assurer la conformité réglementaire.

Chaque établissement génère une typologie variée de déchets hospitaliers, nécessitant des filières de traitement spécifiques. On distingue notamment :

  • Les DASRI (Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux), soumis à un encadrement très strict.
  • Les DIB (Déchets Industriels Banals), qui peuvent être triés et valorisés localement.
  • Les biodéchets, souvent sous-exploités, pourtant valorisables via compostage ou méthanisation.
  • Les déchets non dangereux comme les papiers, emballages plastiques ou cartons, pouvant intégrer les filières REP.Une bonne identification en amont est la clé pour limiter les coûts de traitement et maximiser les taux de valorisation.

Comment optimiser la gestion des déchets d’activités de soins ? 

Face à l’ensemble des enjeux, le constat peut sembler négatif. Pour autant, la valorisation des déchets est une véritable source de compétitivité et de financement. 

Les hôpitaux disposent de plusieurs leviers qui agissent sur l’ensemble de la chaine de valeur : 

  • Optimisation des filières de traitement : Identification de filières locales pour réduire les coûts logistiques. 
  • Valorisation des déchets recyclables : (plastiques, papiers, métaux, etc.) permettant de générer des revenus ou diminuer les coûts. 
  • Négociation et contractualisation : Renégociation des contrats avec les prestataires pour obtenir de meilleures conditions financières et une plus grande flexibilité. Intégration de clauses favorisant l’économie circulaire (réemploi, réparation, etc.). 
  • Réduction à la source : Projets visant à réduire la production de déchets non nécessaires, comme l’optimisation des achats hospitaliers (consommables, emballages). 
  • Sensibilisation des équipes : Apprendre à mieux trier et réduire les volumes de déchets générés.

 À la clé, c’est une réduction des coûts d’un côté, de l’autre un revenu supplémentaire permettant d’améliorer fortement la trésorerie de l’établissement et ainsi financer d’autres projets. 

Quelles étapes pour optimiser le traitement des déchets ? 

L’optimisation des déchets médicaux et banals est une opportunité non négligeable pour les centres de santé tant pour respecter la réglementation que pour leur financement. Dans le cadre du système de santé, cette optimisation joue un rôle crucial en améliorant l’efficacité globale et en répondant aux besoins des professionnels et des patients. Cependant, les démarches associées peuvent paraitre complexes et représentent souvent un frein au déploiement de plans adaptés. 

Pourquoi réaliser un audit déchets dans un hôpital ?

L’audit déchets est une première étape incontournable pour construire un plan d’action réaliste et efficace. Il permet de :

  • Identifier précisément les types de déchets générés (DASRI, DIB, recyclables, etc.) et leurs volumes respectifs.
  • Repérer les points d’inefficacité ou de gaspillage dans la chaîne de gestion.
  • Évaluer les opportunités de valorisation ou de réduction à la source.
  • Mettre en lumière les écarts de conformité avec les réglementations en vigueur.

Un audit bien mené débouche souvent sur des économies substantielles et une meilleure maîtrise des obligations réglementaires.

Les étapes pour une optimisation complète du processus 

1. Diagnostic précis et cartographie : l’audit des déchets des hôpitaux permet l’analyse des flux afin de comprendre les sources d’inefficacité 

2. Optimisation des filières de traitement au travers de trois leviers : 

  • Valorisation des déchets recyclables (plastiques, métaux, papiers) pour générer des revenus. 
  • Réduction à la source en optimisant les achats hospitaliers. 
  • Renégociation des contrats avec les prestataires pour des conditions plus avantageuses. 

Cette méthodologie vise à analyser la chaine de valeur de A à Z afin d’assurer une économie circulaire optimale.

3. Sensibilisation du personnel et formation permettant de réduire les erreurs de tri des déchets et d’améliorer la performance globale du dispositif. 

L’hôpital de Lille, la clinique du Grand-ouest ou encore le centre hospitalier de Lyon ont déjà optimisé leur gestion des déchets, retrouvez de nombreux cas concrets dans notre guide dédié aux centres hospitalier.

L’engagement des parties prenantes, une clé de succès 

Une gestion des déchets hospitaliers efficace nécessite l’engagement de toutes les parties prenantes, du personnel médical aux patients, en passant par les prestataires externes. La coordination au sein des établissements de santé est cruciale pour garantir une gestion optimale des déchets.

En effet, l’ensemble de la chaine de valeur doit être prise en compte afin d’en assurer le bon fonctionnement de l’économie circulaire du site.

Ainsi, la mise en place de programmes de sensibilisation et de formation continue permet d’améliorer le tri des déchets, la collaboration avec les fournisseurs contribue à réduire l’impact environnemental en amont et en aval et enfin, l’intégration des patients dans cette démarche, par le biais d’informations claires sur le tri des déchets, renforce l’efficacité globale du dispositif. 

Environnement hospitalier et gestion des déchets

Connaître l’environnement professionnel hospitalier

L’environnement hospitalier englobe l’organisation des établissements de santé et la gouvernance médicale, nécessitant une coordination harmonieuse pour fonctionner efficacement. La gestion des déchets médicaux est un aspect crucial de cet environnement. Les établissements de santé doivent adopter des mesures pour réduire la production de déchets, les trier et les éliminer de manière sécuritaire et respectueuse de l’environnement. Les éco-organismes, agréés par les pouvoirs publics, jouent un rôle clé dans la valorisation des déchets médicaux et la préservation de l’environnement.

La sécurité sanitaire est également un pilier fondamental de l’environnement hospitalier. Les professionnels de santé doivent appliquer des mesures strictes pour minimiser les risques de transmission des maladies et des infections nosocomiales. Cela inclut des protocoles d’hygiène rigoureux et un entretien méticuleux des locaux dédiés aux soins. En somme, la gestion des déchets et la sécurité sanitaire sont indissociables de l’environnement hospitalier. Les établissements de santé doivent mettre en œuvre des stratégies efficaces pour protéger la santé publique et l’environnement, tout en garantissant des soins de qualité.

En intégrant ces nouvelles sections, l’article offre une vue d’ensemble complète et cohérente sur la gestion des déchets hospitaliers, en soulignant les défis et les solutions pour une gestion optimisée et durable.

Redevance spéciale des déchets hospitaliers : comment la réduire ?

Les hôpitaux, en tant que producteur de déchets non ménagers sont soumis à la redevance spéciale, est un prélèvement obligatoire pour en financer la collecte et le traitement. Une mauvaise gestion peut entraîner d’importants surcoûts. 

Pour autant, il existe des solutions pour optimiser cette redevance et en faire une source de financement supplémentaire : 

  • Audit des volumes et des flux : identifier les postes de surcoût. 
  • Optimisation des contrats avec les collectivités : négocier des clauses plus adaptées. 
  • Formation du personnel : améliorer le tri et limiter les déchets non valorisables. 

Déchets hospitaliers : quelles sont les obligations réglementaires ? 

Depuis plusieurs années, les acteurs économiques font face aux obligations en matière d’économie d’énergie, de taxe carbone ou encore de transition écologique. 

En matière de déchets, c’est la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) qui impose désormais des obligations renforcées en matière de tri, de recyclage, et de réduction des déchets. 

Depuis l’entrée en vigueur de la loi AGEC, les établissements hospitaliers sont tenus de respecter des règles strictes en matière de tri à la source, de traçabilité et de valorisation. Cela inclut également la collaboration avec des éco-organismes comme DASTRI, autorisés par les autorités publiques pour gérer l’élimination des médicaments périmés ou non utilisés et des déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI).

Plusieurs filières à Responsabilité Élargie du Producteur (REP) concernent désormais les déchets issus du secteur médical, notamment pour les équipements électriques, les emballages et les dispositifs médicaux à usage unique. Le non-respect de ces obligations expose les établissements à des sanctions, mais surtout à un alourdissement des charges via la redevance spéciale ou des pénalités sur la filière DASRI.

Les centres hospitaliers se retrouvent particulièrement impactés par cette loi. En effet, ils produisent près de 700 000 tonnes de déchets par an, incluant des déchets dangereux, infectieux et recyclables. La mise en place d’une stratégie adaptée est ainsi indispensable à la fois pour réduire l’impact écologique et, mais également financier. 

Focus sur les déchets de soins 

Qu’est-ce qu’un DASRI ?

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) sont des déchets générés par les activités de soins, de diagnostic et de traitement dans les établissements de santé, les cabinets médicaux et les laboratoires. Ces déchets peuvent contenir des micro-organismes viables ou leurs toxines, capables de provoquer des maladies chez l’homme ou d’autres organismes vivants. Les DASRI incluent des objets piquants, coupants ou tranchants, des déchets anatomiques, ainsi que des matériaux contaminés par des agents pathogènes. La gestion de ces déchets est cruciale pour prévenir les infections et protéger la santé publique.

Réglementation et sécurité sanitaire

La réglementation des DASRI est strictement encadrée par le Code de la Santé Publique et les normes sanitaires en vigueur. Les établissements de santé et les professionnels de santé ont l’obligation de gérer ces déchets de manière à minimiser les risques pour la santé publique et l’environnement. Cela implique la mise en place de procédures rigoureuses pour la collecte, le stockage et l’élimination des DASRI. De plus, la formation continue du personnel est essentielle pour garantir une sécurité sanitaire optimale. Les établissements doivent également assurer une traçabilité complète des DASRI, depuis leur production jusqu’à leur élimination finale, afin de se conformer aux exigences réglementaires et d’éviter toute sanction.

La gestion optimisée des déchets hospitaliers n’est plus un simple enjeu environnemental : c’est un levier de performance durable pour les établissements de santé. En combinant diagnostic, valorisation, contractualisation et formation, les hôpitaux peuvent concilier réduction des coûts, respect des normes, et responsabilité sociale.

⬇️ Téléchargez notre guide pour découvrir les meilleures pratiques, les cas concrets et les outils à votre disposition.

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