Gestion des déchets : 6 pièges fréquents qui coûtent cher

  • Par Yann LE LOUARN
    • 02 Oct 2025
    • de lecture
  • Twitter
  • Linkedin
Gestion des déchets : 6 erreurs stratégiques à corriger pour optimiser vos coûts et votre impact

La valorisation des déchets représente un levier majeur de performance économique et environnementale pour les entreprises. Pourtant, certaines erreurs récurrentes persistent, souvent par méconnaissance ou sous-estimation de leur impact. Quels sont ces pièges à éviter ? Quelles bonnes pratiques adopter pour transformer ce poste de coût en opportunité ? Yann, expert en gestion des déchets chez Leyton, partage son analyse et ses solutions.

6 erreurs de gestion des déchets qui grèvent votre budget

1. Des prix de rachat des matières sous-évalués = des milliers d’euros perdus

La gestion des déchets est trop souvent reléguée au second plan, confiant aux prestataires des décisions clés sans contrôle interne.

Résultat : les entreprises négligent de vérifier si les tarifs de rachat des matières (carton, métaux, etc.) reflètent les cours du marché, appelés mercuriales. Une omission qui peut coûter plusieurs milliers d’euros par an en pertes financières évitables.

2. Des sous-tonnages ou sur-tonnages non maîtrisés = un manque à gagner

Avez-vous audité les tonnages de vos déchets valorisables ? Un sous-tonnage de matières à haute valeur ajoutée (métaux, plastiques, etc.) génère des manques à gagner, tandis qu’un sur-tonnage de déchets industriels banals (DIB) entraîne des pénalités. Un suivi rigoureux s’impose pour optimiser la rentabilité.

3. Des enlèvements programmés avec des bennes sous-remplies = des trajets inutiles (et polluants)

Planifier des rotations à dates fixes, sans tenir compte du remplissage des bennes, est une erreur coûteuse. Des bennes à moitié vides multiplient les trajets inutiles, alourdissant les coûts logistiques et l’empreinte carbone de votre activité. Une planification dynamique, basée sur le taux de remplissage, est essentielle.

4. Un matériel inadapté = des coûts cachés

Laisser le choix des équipements (bennes, compacteurs, etc.) uniquement aux prestataires peut nuire à votre efficacité. Un matériel mal dimensionné ou inapproprié réduit la densité de stockage, augmente le nombre de rotations et dégrade la qualité du tri. Une analyse sur mesure des besoins permet d’optimiser ces coûts cachés.

5. Erreurs de tri = pénalités + perte de valorisation

Déposer des déchets non conformes dans une benne dédiée entraîne un double impact :

  • Perte de recettes : les matières valorisables deviennent inutilisables.
  • Frais supplémentaires : risques de déclassement et de pénalités. Solution : Simplifiez les processus pour que le bon geste de tri soit plus intuitif que le mauvais.

6. Des filières de traitement non optimisées = des coûts explosifs

Choisir des filières de valorisation coûteuses, peu performantes ou non adaptées relève souvent d’une mauvaise organisation en amont. Sans une analyse globale de la chaîne de valeur des déchets, même une consultation approfondie des prestataires aura un impact limité.

La valorisation des déchets, un enjeu… stratégique ?

La gestion des déchets, loin d’être une simple contrainte opérationnelle, s’impose aujourd’hui comme un enjeu stratégique majeur pour les entreprises et les territoires. À l’ère de la transition écologique et de l’économie circulaire, elle représente un levier de compétitivité à part entière.

Longtemps considérée comme un poste secondaire, elle impacte directement la rentabilité, la résilience des approvisionnements et la compétitivité des entreprises. Pour les acheteurs, cela signifie intégrer des critères de valorisation des déchets dès la sélection des fournisseurs et des prestataires : négocier des contrats alignés sur les cours des matières recyclables, exiger des solutions logistiques optimisées (bennes adaptées, rotations intelligentes), et privilégier des partenaires capables de garantir un tri performant et des filières de recyclage vertueuses.

En outre, une approche achats proactive permet de transformer les déchets en ressources : en collaborant avec des acteurs innovants, les entreprises peuvent développer des boucles d’économie circulaire (réutilisation, recyclage en circuit fermé), réduisant ainsi leur dépendance aux matières vierges et leurs coûts. Enfin, en anticipant les risques réglementaires (taxes, interdictions de mise en décharge) et les attentes des marchés (exigences RSE des clients, labels écoresponsables), les achats deviennent un acteur clé pour sécuriser la chaîne de valeur tout en renforçant l’image durable de l’entreprise.

Quelle solution pour le traitement des déchets professionnels ?

Et si la solution résidait en amont de la chaîne ?

La quantité et la qualité des déchets produits sont souvent le reflet de décisions prises en silo, privilégiant les exigences de production, de qualité ou de marketing, au détriment des produits non intentionnels (déchets, consommations énergétiques, eau, etc.).

Pourtant, la gestion des déchets s’inscrit dans une chaîne de valeur complexe : chaque erreur en aval amplifie les coûts et l’impact environnemental. Optimiser l’ensemble du processus n’est pas plus compliqué, mais nécessite une approche systémique pour éviter les écueils et engager une performance durable.

Les déchets professionnels : très différents des déchets ménagers ?

Contrairement aux ménages, les entreprises génèrent de nombreux types de déchets spécifiques, dont la bonne identification est essentielle pour se conformer aux exigences légales. Voici une synthèse des principales catégories, classées selon leur origine et leurs caractéristiques.

1. Classification par origine

Déchets assimilés aux ordures ménagères

Ces déchets, issus des activités professionnelles (artisanat, commerce, tertiaire), sont collectés comme les ordures ménagères classiques (papier, emballages, etc.). L’ADEME précise qu’ils proviennent des entreprises et administrations, sans nécessiter de traitement distinct.

Déchets d’Activités Économiques (DAE)

Définis par l’article R541-8 du Code de l’environnement, les DAE regroupent tous les déchets non ménagers, qu’ils soient dangereux ou non. Ils incluent les résidus de production (matériaux usagés, chutes de matières premières) dans des secteurs variés (BTP, industrie, agriculture). Certains DAE peuvent aussi être assimilés aux ordures ménagères.

2. Classification par propriétés

Déchets dangereux (DD)

Ces déchets menacent la santé ou l’environnement en raison de leurs propriétés (inflammabilité, toxicité, corrosivité, etc.). La réglementation européenne les identifie par un code « HP » suivi d’un numéro. Parmi eux :

  • Déchets industriels spéciaux (DIS)
  • Produits chimiques, piles, huiles usagées
  • Substances persistantes (pesticides, polluants organiques) : non biodégradables et mobiles sur de longues distances.

Leur élimination est strictement encadrée pour éviter toute contamination.

Déchets non dangereux (DND)

Sans propriétés dangereuses (selon les 15 critères européens), ces déchets (biodéchets, verre, plastique, bois) bénéficient de règles de gestion plus flexibles.

Déchets inertes

Issus majoritairement du BTP (béton, briques, tuiles), ils sont chimiquement stables : ni décomposition, ni réaction dangereuse. Bien que non toxiques, leur volume (77% des déchets économiques en 2020) impose des solutions de recyclage innovantes, comme leur réutilisation en remblais ou en granulats pour les infrastructures routières (source : ADEME).

Quelles étapes pour agir ?

  • Audit complet de vos installations et processus de gestion des déchets
  • Optimisation contractuelle avec vos prestataires actuels
  • Analyse comparative des solutions disponibles et élaboration d’un plan d’action stratégique
  • Mise en œuvre opérationnelle des solutions retenues
  • Suivi performantiel et ajustements continus de la stratégie

Cette méthodologie exhaustive permet d’appréhender l’intégralité du cycle de production et de traitement des déchets. Reconnaissant la complexité et l’exigence de cette démarche, notre expertise vous garantit :

  • Une maximisation des résultats grâce à des solutions éprouvées
  • Une libération de ressources internes pour recentrer vos équipes sur les activités stratégiques
  • Une optimisation durable de votre gestion des déchets

➡️ Pour aller plus loin : Comment transformer les déchets industriels en co-produits valorisables ?

Auteur

Yann Le Louarn, Expert optimisation et valorisation des déchets chez Leyton
Yann LE LOUARN

Expert optimisation et valorisation des déchets chez Leyton

Découvrez nos derniers insights

Voir plus arrow_forward
Renégocier ses contrats déchets professionnels : gains et méthodes
Pourquoi renégocier ses contrats déchets professionnels ?

Quels leviers pour réduire les coûts et l’impact environnemental du traitement des déchets ? La g...

Avantage en nature véhicule
Avantage en nature véhicule : forfait ou réel, quel choix en 2...

L’avantage en nature véhicule constitue aujourd’hui un enjeu social et financier majeur pour les ...

Facturation électronique et e-reporting : les obligations clés dès 2026
Facturation électronique et e-reporting : les obligations clés...

La généralisation de la facturation électronique marque une évolution majeure du cadre fiscal fra...

LFSS 2026
La loi de financement de la sécurité sociale 2026 : impacts po...

La Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 introduit plusieurs nouveautés sociales st...