COP30 : ce qu’il faut retenir des engagements financiers pour le climat

  • Par Leyton
    • 26 Nov 2025
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COP30 bilan des engagements financiers pour le changement climatique

La COP30, une édition charnière pour le financement climatique

La 30ème Conférence des Parties (COP30) s’est tenue à Belém, en Amazonie (Brésil), du 10 au 21 novembre 2025. Dix ans après l’Accord de Paris, cette édition était particulièrement attendue pour concrétiser les promesses de financement climatique et renforcer l’adaptation des pays les plus vulnérables. Alors que les impacts du dérèglement climatique s’intensifient : sécheresses, inondations, montée des eaux, la question des moyens financiers est devenue un enjeu central des négociations internationales. L’objectif ? Mobiliser des ressources suffisantes pour limiter le changement climatique (réchauffement à 1,5 °C) et soutenir les populations les plus exposées.

La COP30 présidée par le diplomate brésilien André Corrêa do Lago, a réuni plus de 190 délégations, des dirigeants mondiaux, des scientifiques, des ONG et des acteurs économiques pour discuter des mesures prioritaires à prendre. Parmi les sujets phares : la mise en œuvre des Contributions Déterminées au niveau National (NDC), le renforcement des financements pour l’adaptation, et la recherche d’un équilibre entre atténuation et adaptation.

Les principaux résultats de la COP30

1. Un triplement des financements pour l’adaptation

L’un des engagements majeurs de la COP30 est le triplement des financements dédiés à l’adaptation des pays en développement, passant de 40 milliards de dollars par an actuellement à 120 milliards d’ici 2035. Cet effort vise à soutenir les infrastructures résilientes, l’agriculture durable et la protection des écosystèmes, notamment dans les régions les plus exposées aux aléas climatiques.

Quelques exemples de projets qui pourraient être financés dans ce cadre : la construction de digues et systèmes d’alerte précoce contre les inondations, la restauration de mangroves pour protéger les côtes ou encore, le développement de cultures résistantes à la sécheresse.

2. 1 300 milliards de dollars par an pour le climat d’ici 2035

La « Feuille de route de Bakou à Belém » fixe un objectif ambitieux : mobiliser 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour financer la transition écologique et l’adaptation. Cet objectif, adopté lors de la COP29 et réaffirmé à Belém, repose sur :

  • Une contribution accrue des pays développés, historiquement responsables de la majorité des émissions.
  • La mobilisation du secteur privé, via des partenariats public-privé et des instruments financiers innovants (obligations vertes, fonds d’investissement climatiques)

3. Des mécanismes financiers renforcés

La COP30 a mis en lumière plusieurs outils pour accélérer le financement climatique :

  • Partenariats public-privé : Pour lever des fonds supplémentaires et réduire les risques pour les investisseurs.
  • Obligations vertes : Instruments financiers dédiés aux projets écologiques, de plus en plus utilisés par les États et les entreprises. En 2024, les émissions d’obligations vertes ont atteint 500 milliards de dollars, un record.
  • Fonds dédiés : Renforcement des fonds existants (comme le Fonds vert pour le climat) et création de nouveaux mécanismes pour cibler les besoins spécifiques des pays en développement

Autres engagements clés de la COP30 : au-delà du financement

La COP30 a également abordé des thèmes structurants pour l’action climatique mondiale, en dehors des questions financières :

  • Un accord minimal sur les énergies fossiles : Malgré les attentes, la COP30 n’a pas abouti à un calendrier clair pour la sortie des énergies fossiles. Le texte final reste prudent sur ce sujet, soulignant les divisions persistantes entre les pays producteurs de pétrole (Arabie saoudite, Russie) et ceux plaidant pour une transition accélérée (UE, petits États insulaires). Cependant, la question de la transition énergétique reste au cœur des débats pour les prochaines éditions.
  • Protection des forêts tropicales : Un plan d’action renforcé a été adopté pour lutter contre la déforestation, avec des objectifs concrets de réduction des émissions liées à la destruction des écosystèmes forestiers, notamment en Amazonie. Les États se sont engagés à renforcer la coopération internationale pour préserver ces « puits de carbone » essentiels.
  • Transition juste : La notion de « transition juste » a été réaffirmée, soulignant la nécessité d’accompagner les travailleurs et les communautés dépendantes des énergies fossiles vers des emplois durables. Des mécanismes de dialogue social et de reconversion professionnelle ont été encouragés, bien que leur mise en œuvre reste à préciser.
  • Renforcement des contributions nationales (NDC) : Les pays ont été invités à revoir et à renforcer leurs contributions nationales (NDC) d’ici 2025, afin d’aligner leurs objectifs sur la limite de 1,5 °C. Seuls 122 États avaient soumis leurs NDC mises à jour avant la COP30, un retard qui a été pointé du doigt lors des négociations. La « Mission Belém pour 1,5 °C » a été lancée pour accélérer cette mise à jour.
  • Innovation et technologies vertes : La COP30 a mis en avant le rôle des technologies bas-carbone et des innovations pour accélérer la transition écologique. Des partenariats ont été annoncés pour faciliter le transfert de technologies vers les pays en développement, notamment dans les secteurs de l’énergie renouvelable et de l’efficacité énergétique
  • Implication des acteurs non étatiques : Les villes, les entreprises et la société civile ont été reconnues comme des partenaires clés dans la lutte contre le changement climatique. Des initiatives locales et des coalitions d’acteurs privés ont été saluées, avec un appel à amplifier ces dynamiques pour compléter l’action des États

Qu’est-ce que la Conférence des Parties ?

La Conférence des Parties (COP) est le principal organe décisionnel de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée en 1992 lors du Sommet de la Terre à Rio. Elle réunit chaque année les 198 États membres (ou « Parties ») pour évaluer les progrès réalisés dans la lutte contre le réchauffement climatique, négocier de nouveaux engagements et renforcer les actions collectives.

Chaque édition est organisée dans un pays différent et associent non seulement les gouvernements, mais aussi des scientifiques, des ONG, des entreprises et des représentants de la société civile, afin de construire des solutions globales et inclusives. La COP est ainsi le lieu où se définissent les règles, les financements et les mécanismes de suivi pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux, notamment la limitation du réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle

La COP30 s’est tenue du 10 au 22 novembre 2025 à Belém, dans le nord du Brésil, capitale de l’État du Pará au sein de l’Amazonie. Son objectif principal : évaluer les progrès réalisés dans la lutte contre le réchauffement climatique et renforcer les engagements des pays pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C. Organisée aux portes de l’Amazonie, cette conférence symbolisait l’urgence d’agir pour préserver les écosystèmes et soutenir les populations les plus exposées

Historique des COP : des avancées progressives contre le changement climatique

COP Année / Lieu Avancée majeure
COP21 2015, Paris Adoption de l’Accord de Paris : premier accord universel pour limiter le réchauffement à 2 °C, idéalement 1,5 °C.
COP26 2021, Glasgow Première mention des énergies fossiles comme cause du réchauffement, et engagement à doubler les financements pour l’adaptation.
COP27 2022, Charm el-Cheikh Création d’un fonds « pertes et dommages » pour aider les pays vulnérables.
COP28 2023, Dubaï Appel à une « transition hors des énergies fossiles », sans calendrier contraignant.
COP30 2025, Belém Triplement des financements pour l’adaptation d’ici 2035, et mobilisation de 1 300 milliards de dollars par an pour le climat.

La COP30, une étape vers la mise en œuvre concrète

La COP30 a marqué une avancée significative sur le financement climatique, avec des engagements inédits pour l’adaptation et la mobilisation de fonds privés. Cependant, les défis restent immenses :

  • Concrétiser les promesses : Passer des annonces aux actions sur le terrain.
  • Équilibrer atténuation et adaptation : Ne pas négliger les populations déjà touchées par le changement climatique.
  • Impliquer tous les acteurs : États, banques, entreprises et société civile doivent travailler ensemble.

Les prochaines années seront décisives pour transformer ces engagements en résultats tangibles, et la COP31 devra montrer des progrès concrets vers la limite de 1,5 °C.

Pourquoi Leyton s’intéresse à la COP30 et au financement climatique ?

La COP30, organisée en novembre 2025 au Brésil, constitue désormais un repère structurant pour comprendre la mise en œuvre des engagements internationaux face au changement climatique. Les décisions adoptées lors du sommet précisent une feuille de route mondiale qui influencera, dans les années à venir, les priorités d’investissement, les critères d’éligibilité et les dispositifs de soutien dédiés à la transition écologique.

Depuis plus de vingt ans, Leyton suit de près l’évolution des mécanismes publics de financement français afin d’en analyser les implications concrètes pour les entreprises, les collectivités et les institutions. L’expérience accumulée sur les subventions, les fonds européens ou encore les aspects plus opérationnels tels que la gestion des déchets et les filières REP, nous permet d’observer comment les orientations internationales, comme celles issues de la COP30, se traduisent progressivement dans les politiques nationales et sectorielles.

Dans cette perspective, l’intérêt porté à la COP30 vise avant tout à éclairer les dynamiques émergentes : priorités budgétaires, nouveaux cadres de référence, dispositifs d’adaptation renforcés. Comprendre ces signaux est essentiel pour anticiper les évolutions des soutiens publics et situer les projets climatiques dans un paysage institutionnel en transformation. À travers cet article, nous souhaitons vous offrir un décryptage fiable des décisions adoptées au Brésil et de leurs répercussions potentielles pour les acteurs engagés dans la transition écologique.

Auteur

Leyton

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