Face à un contexte réglementaire particulièrement évolutif, cinq leviers vous permettent de renégocier efficacement vos contrats d’intérim en 2026 pour baisser vos coûts RH :
- S’appuyer sur la réforme AT/MP (décret du 5/07/2024) pour renégocier le partage des coûts : le partage 50/50 entre ETT et entreprise utilisatrice ne s’applique que progressivement jusqu’en 2028, ce qui laisse une marge de discussion
- Faire valoir la baisse de charges liée à la RGDU (ex-réduction Fillon, depuis le 01/01/2026) : le seuil d’éligibilité relevé de 1,6 à 3 SMIC allège les charges patronales des ETT, un argument pour obtenir une révision tarifaire à la baisse
- Mutualiser les volumes d’achat pour peser dans la négociation : un effet de groupe, comme les 443 M€/an d’achat intérim consolidés chez Leyton, permet d’obtenir des conditions inaccessibles à une entreprise seule
- Anticiper et challenger les hausses tarifaires annoncées par les ETT, dans un marché pourtant en recul (-4,6 % en 2025)
- Mobiliser une expertise sectorielle pointue, notamment d’anciens permanents d’ETT cumulant 50 ans d’expérience, pour identifier précisément les postes de coûts négociables
Réforme AT/MP, bascule vers la RGDU, courriers de réévaluation tarifaire des ETT… 2026 rebat les cartes du coût de l’intérim. Voici en détail, comment transformer ce contexte réglementaire en argument de négociation.
Le marché des contrats d’intérim en France : un contexte en faveur des donneurs d’ordre
Le secteur du travail temporaire reste un poids lourd de l’économie française, avec un chiffre d’affaires évalué à 37,5 milliards d’euros et plus de 12 000 agences d’emploi en activité (analyse du marché de l’intérim en France (2026)). Mais l’activité recule depuis trois ans : -4,6 % en 2025 après une baisse déjà marquée en 2024. Début 2026, l’emploi intérimaire se stabilise autour de 680 000 à 700 000 équivalents temps plein, soit environ 2,6 % de l’emploi salarié en France (Baromètres nationaux de l’emploi intérimaire de Prism’emploi).
Ce recul touche l’ensemble des grands secteurs utilisateurs d’intérim comme l’industrie, logistique, BTP, avec des baisses de mission particulièrement marquées dans l’industrie manufacturière, historiquement l’un des premiers recruteurs d’intérimaires en France. Cette contraction fragilise la trésorerie des ETT, qui dépendent directement des volumes de missions facturées pour couvrir leurs coûts fixes (masse salariale des permanents, frais de structure, provisions pour risques).
Dans un marché qui perd du volume, les ETT (entreprises de travail temporaire) sont incitées à défendre, voire à relever, leurs marges unitaires. C’est précisément le moment où la renégociation du coefficient de facturation prend tout son sens pour les entreprises utilisatrices.
Autrement dit, un marché en tension du côté de l’offre n’est pas nécessairement un marché en faveur du prestataire car à volume constant côté client, le rapport de force peut au contraire basculer vers l’entreprise utilisatrice, qui reste un client stratégique à conserver pour l’ETT.
1. S’appuyer sur la réforme AT/MP pour rééquilibrer le rapport de force
Le décret n° 2024-723 du 5 juillet 2024 (relatif à la tarification AT/MP des intérimaires) a redéfini la répartition du coût des accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) entre entreprises de travail temporaire (ETT) et entreprises utilisatrices (EU). Jusqu’ici, l’entreprise utilisatrice ne contribuait qu’aux sinistres les plus graves (incapacité permanente ≥ 10 % ou décès), à hauteur d’un tiers, l’ETT assumant le reste. Depuis les taux 2026, tous les sinistres sont partagés à parts égales (50/50) entre ETT et EU, quelle que soit leur gravité. La bascule est toutefois progressive jusqu’en 2028, seuls les sinistres les plus récents étant concernés dans un premier temps.
De nombreuses ETT s’appuient déjà sur cette réforme pour justifier une hausse immédiate et uniforme de leurs coefficients. Or cette réforme peut elle-même devenir un levier de négociation car l’application étant progressive et dépendante de la sinistralité réelle de chaque compte, il existe une vraie marge de discussion pour
- Demander le détail de l’impact réel par catégorie de risque plutôt qu’une hausse forfaitaire ;
- Conditionner toute revalorisation à un plan de prévention conjoint, qui réduit mécaniquement la sinistralité et donc le surcoût partagé ;
- Phaser toute augmentation sur le même calendrier que la montée en charge réglementaire (2026-2028).
2. Faire valoir la baisse de charges liée à la RGDU : une baisse pour l’ETT, rarement répercutée au client
Depuis le 1er janvier 2026, la réduction Fillon est remplacée par la réduction générale dégressive unique (RGDU), instaurée par la LFSS 2025 (décrets n° 2025-887 et n° 2025-1446). Ce nouveau mécanisme fusionne l’ancienne réduction Fillon et les taux réduits maladie/famille, et surtout relève le seuil d’éligibilité de 1,6 SMIC à 3 SMIC . Une part beaucoup plus large des rémunérations versées aux intérimaires, souvent proches du SMIC, ouvre donc droit à un allègement de charges patronales plus généreux pour l’ETT, qui reste juridiquement l’employeur.
Autre élément à surveiller : malgré la revalorisation du SMIC de +2,41 % au 1er juin 2026 (SMIC horaire porté à 12,31 €), le calcul de la RGDU pour l’année 2026 continue de retenir la valeur du SMIC au 1er janvier 2026, conformément au décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 . Ce gel technique préserve donc l’avantage de l’allègement pour l’employeur sur toute l’année. Cette économie de charges, réelle et chiffrable, est donc un véritable levier de négociation pour obtenir une baisse. Elle peut également être utilisée pour permettre un gel du coefficient facturé, en particulier sur les profils rémunérés entre 1 et 2 SMIC, très représentés dans l’intérim.
3. Mutualiser les volumes d’achat pour peser dans la négociation des contrats d’intérim
Même avec une consommation annuelle d’intérim modeste, un client peut bénéficier du poids de négociation consolidé d’un grand groupe de conseil. Chez Leyton, l’accompagnement sur l’achat d’intérim s’appuie sur des dossiers regroupant jusqu’à 443 millions d’euros de volume annuel négocié, un effet d’échelle qui permet d’obtenir des conditions tarifaires généralement inaccessibles à une entreprise seule, quelle que soit sa taille.
4. Anticiper et challenger le courrier de réévaluation tarifaire avec des hausses présentées comme inévitables
De nombreuses entreprises reçoivent actuellement un courrier de leur agence d’intérim annonçant une réévaluation des tarifs, justifiée par l’évolution des allègements de charges, le coût du travail ou la réforme AT/MP. Dans un marché en recul de volume comme celui décrit plus haut, cette pression tarifaire s’explique aussi, en partie, par la nécessité pour les ETT de préserver leur rentabilité sur un chiffre d’affaires moins porteur.
Pourtant, ces arguments ne se traduisent pas toujours par une hausse réellement proportionnée : les baisses de coûts intervenues ces dernières années (élargissement de la RGDU, gel technique du SMIC pour son calcul, montée en charge seulement progressive de l’AT/MP) sont, elles, rarement répercutées spontanément sur le prix facturé au client. C’est là que le levier opère.
Avant de signer un avenant tarifaire, il est recommandé de demander une décomposition chiffrée du coefficient, poste de coût par poste de coût, plutôt que d’accepter une augmentation globale.
5. Renégociation des contrats d’intérim : mobiliser une expertise sectorielle pointue
L’équipe intérim de Leyton est composée d’anciens permanents d’ETT, cumulant à eux trois 50 ans d’expérience dans le secteur du travail temporaire. Cette connaissance de la construction des contrats commerciaux côté agence permet d’identifier précisément les leviers à activer : coefficient, frais de gestion, indemnités de fin de mission, marges de négociation par métier ou par bassin d’emploi. Et d’obtenir ainsi une baisse du coût de l’intérim.
Cet accompagnement n’a pas vocation à fragiliser la relation commerciale avec les ETT, il vise au contraire à la renforcer, en instaurant un équilibre financier plus juste pour chacune des parties. Au-delà du volet tarifaire de la renégociation des contrats d’intérim, Leyton accompagne aussi ses clients au quotidien dans l’organisation RH du recours à l’intérim, pour un gain de temps sur l’ensemble du processus achat et gestion.
5 leviers pour une baisse des coûts de l’intérim assurée
En activant ces cinq leviers de négociation, de la réforme AT/MP à la mutualisation des volumes d’achat, en passant par la RGDU, la vigilance face aux hausses tarifaires et une expertise sectorielle pointue, votre direction achats reprend la main sur l’achat et la renégociation de vos contrats d’intérim, dans un contexte 2026 particulièrement mouvant sur le plan réglementaire.
Grâce à notre connaissance fine du secteur, nous savons jusqu’où aller dans les échanges avec les agences d’intérim, pour préserver la qualité de service tout en optimisant vos coûts de façon raisonnée.