Le développement logiciel a connu un changement de paradigme majeur. Les équipes d’ingénierie ne rédigent plus la syntaxe ligne par ligne; elles font du « vibe coding », en utilisant des invites (prompts) en langage naturel dans des outils comme Cursor, Windsurf et Claude pour orchestrer des bases de code entières.
Ce saut de vélocité amène les fondateurs et directeurs de la technologie (CTO) à se poser une question cruciale : Si l’IA a écrit 70 % de notre code, pouvons-nous toujours réclamer des crédits d’impôt pour la RS&DE?
La réponse courte est oui. L’Agence du revenu du Canada (ARC) ne finance pas le travail manuel de saisie de la syntaxe; elle finance la résolution d’une incertitude technologique. L’IA accélère l’exécution, mais elle n’élimine pas le risque architectural.
Ingénierie de routine vs le « Mur de l’IA »
L’IA excelle dans l’ingénierie de routine en générant des API CRUD de base, des composants d’interface réutilisables (boilerplate) et des intégrations standards. Or, ces travaux de routine n’ont jamais été admissibles à la RS&DE. L’IA a simplement éliminé le superflu.
L’admissibilité commence lorsque votre équipe heurte le Mur de l’IA. Cela se produit lorsqu’un LLM hallucine, entre dans des boucles infinies de correction d’erreurs ou échoue face à des contraintes système réelles (telles qu’une forte concurrence, une faible latence ou des limites de mémoire strictes). Lorsque les modèles standards échouent, l’expertise technique humaine devient essentielle pour formuler des hypothèses, analyser les modes de défaillance et orienter l’investigation.
Le dossier de preuves RS&DE à l’ère de l’IA
Pour défendre une demande assistée par l’IA lors d’un examen de l’ARC, votre documentation doit mettre en évidence l’intervention technique humaine :
- Journaux d’erreurs et d’échecs de l’IA : Conservez les traces où le modèle a échoué de manière répétée ou a généré du code défectueux sous des tests de stress. Cela prouve à l’examinateur que le problème ne pouvait pas être résolu à l’aide des connaissances généralement accessibles (c.-à-d. le jeu d’entraînement de l’IA).
- Prompts de contraintes architecturales : Documentez les invites stratégiques axées sur les contraintes plutôt que les simples demandes de corrections mineures. Par exemple : « La mise en cache ORM standard viole nos contraintes de sécurité au niveau des lignes; concevez un tampon personnalisé côté serveur. »
- Évaluations et décisions de l’équipe humaine : Documentez l’analyse des résultats de l’IA par votre équipe. Si Claude suggère deux approches qui plantent toutes deux à 10 000 requêtes simultanées, consignez pourquoi le blocage s’est produit et comment vos ingénieurs ont réorienté l’architecture.
- Indicateurs de performance et d’évaluation (Benchmarks) : Conservez des données empiriques comparant le code de base généré par l’IA à la solution réusinée après les expérimentations menées par l’humain.
La défense axée sur « l’humain dans la boucle »
Les examinateurs de l’ARC ne rejetteront pas une demande simplement parce que vous avez utilisé Copilot ou Claude. Ce qui importe pour eux, c’est d’établir qui a dirigé la recherche :
« Exécution par l’IA (Rédaction/Tests) »+ »Expertise du domaine (Analyse & Direction) »= »RS&DE défendable »
Si l’IA peut résoudre votre problème avec un seul prompt, vous faisiez de l’ingénierie de routine. Mais si l’IA a généré des cas limites défectueux qui ont exigé de vos ingénieurs qu’ils analysent des goulots d’étranglement de mémoire, réinterprètent des journaux de tests et repensent la topologie du système, vous avez une demande de RS&DE exemplaire.
L’IA n’a pas tué les crédits d’impôt pour la R&D. Elle a simplement relevé la barre de ce qui est considéré comme de la routine. Les entreprises qui réussissent leurs réclamations en 2026 sont celles qui documentent les échecs techniques et les décisions humaines derrière chaque prompt.
Votre équipe fait-elle du vibe coding tout en franchissant des obstacles techniques complexes? Contactez nos spécialistes en RS&DE dès aujourd’hui pour vous assurer que vos crédits d’impôt pour la R&D évoluent au même rythme que votre pile technologique.