Les rendez-vous de l’innovation : les biotechs au cœur de la crise du Covid19

Les Biotechs ont un financement long. Elles doivent s’appuyer sur des dispositifs tels que le Crédit Impôt Recherche (CIR).

NOVEMBER 25, 2020

12:00 AM

Par Teoman Atamyan

Les Français sont épatés : 88% estiment que la recherche du vaccin a été rapide

Les Français l’ont parfaitement compris puisqu’ils sont très majoritairement épatés par ce résultat. C’est d’abord « la victoire de l’innovation », comme l’a déclaré le fondateur de BioNtech, une des biotechs à l’origine du premier vaccin.

Comme chaque médaille a son revers, on pourrait ici se poser la question du coût sur la recherche de cet effort exclusif. Il est évident que depuis la crise sanitaire, la grande majorité des efforts de recherche ont porté sur ce vaccin contre la Covid-19. De fait, des pans entiers de recherche médicale vont probablement essuyer des retards importants.

La Recherche et le Développement, c’est 70% du budget des biotechs contre 20% chez les grands laboratoires pharmaceutiques. Elles ont un pipeline produit plus riche que celui des cinq principaux labos français (404 contre 349 en 2019). Elles doivent gérer plus de risques concernant la survie de leur activité.

Ils ont découvert les Biotechs à cette occasion. 55% en ont entendu parler, même si cela reste très vague (47%)

Ce manque de notoriété s’explique par le fait que les biotechs ne sont pas des startups comme les autres. Il leur faut un financement long sur 10-15 ans, avec un ratio de succès très faible (10% de leurs produits passent l’Autorisation de mise sur le marché). D’où le besoin de s’appuyer sur des dispositifs comme le Crédit Impôt Recherche (CIR) ou le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI).

Ces aides, c’est ce qui fait la force de la recherche en France ! Le CIR c’est 18% en moyenne du financement des biotechs. Cette importance capitale du CIR, nous la mesurons chaque jour aux cotés de biotechs fabuleuses comme Néovacs, Inventiva ou Onxeo qui font partie de l’écosystème Leyton.

Les Français font plus confiance aux grands labos qu’aux biotechs pour faire avancer la recherche médicale (61%) 

L’erreur primaire serait toutefois de les opposer. En effet, seuls les grands laboratoires ont des moyens d’essai et de production suffisants pour mener au bout des traitements ambitieux, ce qui met en lumière la nécessité de faire collaborer grands groupes et biotechs, comme BioNTech et Pfizer.

Près de 7 Français sur 10 conseilleraient à un jeune de travailler dans une Biotech et à un investisseur de placer son argent dans ces start-ups

Les sondés nous disent que les biotechs sont l’avenir et ils ont raison. Les grands laboratoires l’ont bien compris. Ils se rapprochent d’elles, créent des synergies ou les rachètent… Le point important reste leur financement, la quête de fonds est chronophage, les entrepreneurs y consacrent 1/3 de leur temps.

Que les Français recommandent aux investisseurs ce pari risqué peut faire sourire, c’est pourquoi les aides d’État sont capitales pour assurer leur pérennité. Toucher à ces dispositifs serait catastrophique au moment où plus que jamais nous avons besoin d’innover pour répondre aux défis de l’avenir.


Retrouvez l’intervention complète de Teoman Atamyan, directeur pôle Innovation de Leyton, au sujet de la perception des Français sur les Biotechs, sur le plateau de BFM Business.

Notre auteur

Teoman Atamyan

Directeur pôle Innovation, Leyton France

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