L'empreinte carbone des usages digitaux (2/2)

15-11-2021

Par Matthieu Locci

Découvrez les résultats de l’enquête ODOXA réalisée pour Leyton, BFM Business, l’Usine Nouvelle, Stratégie et 01net menée début Novembre 2021 auprès d’un échantillon représentatif des Français.

Si 83 % des Français se disent prêts à changer leurs habitudes pour faire baisser leur empreinte carbone : dans les faits, leurs usages sont encore très énergivores. Découvrez l’avis et le débat de nos experts à ce sujet.

Parmi les principaux enseignements :

  • 9 Français sur 10 achètent un nouveau téléphone alors même que leur ancien est encore fonctionnel
  • Le trafic des données dans les data center augmente de +35% par ans
  • L’impact environnemental du numérique représente davantage que le secteur aérien

65 % des Français se disent préoccupés par la consommation d’énergie du numérique

En effet, il convient de noter que ce sujet, par le prisme de la consommation d’énergie des internautes est un sujet qui préoccupe une majorité d’entre nous.

Malgré cela, nous sommes à peu près autant à avouer ne pas agir pour réduire ce poste de consommation, en faisant le tri dans nos boites mails ou en regardant des vidéos en streaming. Pourtant, ce n’est pas faute de motivation : nous sommes 83% à vouloir agir !

Soyons prudents avec le fait qu’ils déclarent utiliser plus largement les espaces de stockages physiques que le cloud, qui est un choix certainement dû à une habitude d’utilisation des disques durs et autres clés USB, ou à une méfiance par rapport à la sécurité de leurs données, plutôt qu’a une réelle volonté de réduire les consommations d’énergie dans les data centers.

Les Français attendent qu’un appareil tombe en panne avant de le remplacer mais achètent un nouveau téléphone alors que l’ancien est encore fonctionnel

Si 7 Français sur 10 déclarent attendre qu’un appareil tombe en panne avant de le remplacer, il convient de s’intéresser à la réalité de la “panne” en question : très souvent simplement liées à une obsolescence plus ou moins programmée ou, si l’on prend l’exemple des smartphones, à une consommation de batterie liée à une inadaptation aux nouveaux systèmes d’exploitation successifs.

Selon l’ADEME, 9 Français sur 10 achètent un nouveau téléphone alors même que leur ancien marche toujours

Et si nous avions simplement besoin d’être accompagnés ?

Plus de la moitié d’entre nous considère qu’il manque d’information sur l’impact carbone du numérique : quelle part liées à la fabrication des équipements, aux datacenters, aux réseaux, aux équipements des consommateurs?

A titre d’exemple, le développement de la 5G s’est lancé alors que les Français n’ont pas eu la possibilité de s’informer ou d’être consultés sur l’impact carbone d’une telle décision. Le fait qu’ils considèrent comme plus efficace l’optimisation de la consommation énergétique des data centers plutôt qu’une adaptation des habitudes des consommateurs est révélateur de cette ignorance : les data centers ne représentent que 25% des émissions de carbone du numérique, quand les équipements terminaux des consommateurs en représentent plus de la moitié.

Avec un trafic de données qui explose de plus de 35% chaque années dans les datacenters, ce n’est malheureusement (peut être) pas (que) du coté de l’amélioration de l’efficacité énergétique des outils et technologies de stockage qu’il faut chercher la solution au défi climatique…

Afin de réduire l’impact environnemental du numérique, qui représente aujourd’hui 4% des GES (davantage que le secteur aérien), mais dont la consommation d’énergie augmente de +6% / an : il est important d’informer les Français et de leur donner les clés pour qu’ils puissent participer à la réflexion sur une trajectoire compatible avec les contraintes climatiques pour nos usages numériques.

Ainsi, les Français pourront adapter les prises de décision en ayant alors conscience de l’impact écologique des choix technologiques, individuels et collectifs qu’ils ferraient.

Les usages du numérique sous entendent l’existence de leur support : l’électronique

Or en 2021, à l’échelle mondiale, le poids des déchets éléctroniques va être equivalent au poid de la muraille de Chine

Enfin, d’après l’ARCEP, la durée d’utilisation d’un téléphone est d’environ 32 mois et de 5 ans pour un serveur. Au niveau des ménages, les déchets d’équipement éclectiques et électronique (DEEE) pèsent pour 4% des déchets totaux. Et les écocontribution des DEEE en 2019 sont de 31 M€ (montant dédié à être réinvesti dans la collecte, la dépollution et la valorisation des DEEE).

Le numérique et ses supports ont donc un impact environnemental très important, imposant de prolonger les cycles de vie.

D’un point de vue software, nous observons une véritable tendance au développement d’outils de pilotage du numérique. Par exemple, STERM (Smart Technologies Energy Relevance Model) développé par le Shift Project en 2020 permet d’évaluer la pertinence énergétique des solutions connectées sur des cas spécifiques.

Quid des technologies blockchain et des fintech ?

Dans une tendance générale à la traçabilité digitale, les acteurs de la blockchain ont également conscience du poids de leur empreinte environnementale. Des travaux sont ainsi en cours concernant les blockchains et la limitation de leur consommation d’énergie.

Pour les cryptomonnaies, la normes et le POW (Proof of Work), une norme incroyablement énergivore. Heureusement, des nouvelles méthodes tournées vers le POS (Proof of Stake) tentent de trouver un même niveau de sécurisation de transaction avec une empreinte énergétique bien moindre.

Enfin, la fintech tente également de tenir compte de l’impact du digital sur l’empreinte carbone des sociétés cotées. Le poids du numérique dans leurs valeurs est donc pris en compte. Iceberg Data (accompagné par Leyton sur sa R&D) par exemple, vient mesurer les émissions directe et indirectes de la chaine de valeur d’une entreprise, y compris dans la gestion de ses data.

Comment réduire l’impact environnemental de vos produits ?

Selon le WEEE Forum, on estime qu’en 2030, les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) dépasseront les 70 millions de tonnes. Cela s’explique par une hausse continue de la consommation d’équipements électriques et électroniques liée notamment à un manque de solutions de réparation, ou à des réparations trop coûteuses, favorisant l’achat de produits neufs.

Le dernier rapport du WEEE Forum indique que seuls 17,4 % des déchets électriques et électroniques ont été collectés et recyclés en 2020.

Alors, comment réduire l’impact environnemental de ces produits ?

Plusieurs solutions possibles s’offrent à vous :

  • En éco-concevant ses produits : réduction de la quantité de matières premières utilisées, substitution d’un matériau non recyclable par un matériau recyclable, intégration de matières recyclées, information du consommateur sur la recyclabilité du produit, favoriser la réparabilité du produit
  • En proposant la réparation plutôt que le remplacement
  • En optimisant la gestion de vos déchets et de vos invendus, afin de privilégier les filières de réemploi et de recyclage

Leyton peut vous accompagner dans votre transition écologique vers une économie circulaire en améliorant la gestion de vos déchets et de vos invendus, et en optimisant vos éco-contributions.

N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations

Notre auteur

Matthieu locci - Directeur Technique - Energie et Développement Durable chez Leyton

Matthieu Locci

Directeur Technique Energie