COP 26, Energie Vs économie

16-11-2021

Par Baptiste Barrère

Plus de 20 ans sont passés entre le 1er rapport du GIGEC et la première COP : comme dans le film « Un jour sans fin », le scénario se répète et rien ne change vraiment en terme d’actions concrètes suite aux engagements pris, mais cette fois, le point de non-retour se fait réellement sentir en terme d’enjeux environnementaux, sociaux et économique.

A moins de réduire de moitié nos émissions de CO2 dans les 10 ans à venir (scénario impossible au regard des engagements issus de la COP26), la Terre se réchauffera a minima de +2° d’ici 2060 avec des vagues de chaleur extrême, en moyenne une année sur deux et tout ce qui en suivra : crises migratoires et économiques sans précédent…

L’urgence d’agir est là et tout le monde en est conscient, mais les décisions prises lors de la COP26 concernant la dépendance de l’économie mondiale aux énergies fossiles laisse un goût amèr.

Pourquoi des grandes industries aux consommateurs finaux, tous peinent à changer radicalement leurs habitudes ?

En tant qu’industriel, l’enjeu est clairement énoncé pour vous: comment adapter votre business model aux enjeux économiques à venir ? Comment créer de la valeur « autrement » ? Comment ne plus dépendre des énergies fossiles et subir l’explosion de leurs tarifs ? Et surtout, comment financer cette transition et vous distinguer de vos concurrents en osant être précurseur au risque de perde des parts de marché à court terme ?

Nous sommes 64% à considérer le changement climatique comme une urgence mondiale absolue

D’après le dernier sondage réalisé par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), l’écrasante majorité d’entre nous considère comme une priorité absolue la protection des puis naturels de carbone. Face à ce constat, le développement des énergies renouvelables est la 2e mesure la plus plébiscitée pour lutter contre l’urgence climatique.

Rappelons que l’Union européenne a fixé des objectifs de 55% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et la neutralité carbone en 2050. Pour atteindre cet objectif en 2030, la Commission européenne a publié un paquet de propositions, sous le nom de « Fit for 55 », qui fixe l’objectif de 40% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique européen en 2030.

Chaque pays se dote d’objectifs concrets et les entreprises investissent de plus en plus dans les énergies renouvelables, avec près de 10 milliards de dollars investis par les 34 principales entreprises actives dans le pétrole et le gaz en 2020.

L’amélioration de l’efficacité énergétique et la réduction de la consommation d’énergie sont également des leviers majeurs pour répondre à ces exigences. La nouvelle directive sur l’efficacité énergétique dans le cadre du « Paquet vert » proposé par la Commission Européenne, fixerait un objectif de réduction de la consommation d’énergie primaire à 39% d’ici à 2030, et un objectif de réduction de la consommation d’énergie totale à 36% d’ici à 2030.

Composer entre les attentes de vos investisseurs et celles de vos clients

Perdre la confiance de vos clients en cas d’actions qualifiables de greenwashing : donc perde des part de marché et risquer de mettre la clé sous la porte ou perdre la confiance de vos soutiens financiers qui attendent des résultats toujours plus ambitieux ? C’est finalement tout le paradoxe dans lequel vous êtes…

Aussi, pour rallier ces parties prenantes diamétralement opposées, mais stratégiquement indispensable à votre survie économique, en tant qu’entreprise vous avez certainement entamé timidement votre décarbonation et son financement, mais hésitez peut-être à passer à la vitesse supérieure.

Pourtant, des solutions existent afin de maintenir la confiance des deux.

Avec la crise économique consécutive à celle du Covid19, l’actuel gouvernement a su muscler un plan de relance très ambitieux. Aides à la décarbonation, financement de la modernisation de vos outils industriels ou encore verdissement des aides à l’innovation…En utilisant l’ensemble des leviers financiers disponibles et en évitant de subir l’évolution des taxes environnementales, vous pouvez envisager une évolution positive de votre business model.

Et si la COP26 était l’occasion de laisser l’inertie à vos concurrents ?

Certes décarboner l’industrie s’avère beaucoup plus complexe dans les faits que sur le papier, mais dans un contexte d’évolutions politiques à venir en France et en Europe, l’anticipation stratégique doit être au cœur de vos préoccupations pour l’année 2022.

Nous vous proposons d’aller bien au-delà du financement de votre décarbonation, certes indispensable mais peut-être pas assez conséquent au regard de vos enjeux à venir.

L’objectif étant de mettre en place une stratégie de management 360° autour de votre création de valeur, afin de minimiser les risques financiers mais maximiser les opportunités commerciales, au regard des évolutions juridiques et fiscales y afférant (ex : Taxe Générale sur les Activités Polluantes qui va augmenter de façon exponentielle d’ici 2025…).

C’est à vous, en tant qu’industriel de montrer l’exemple à vos consommateurs, à vos investisseurs (et à vos concurrents)… Ne plus dépendre des énergies fossiles, compenser votre empreinte et gagner en compétitivité et respectabilité sont des notions totalement cumulables.

Pour cela, nos consultants experts dans votre industrie peuvent vous accompagner à la mise en place d’une stratégie proactive, aussi bien sur le financement que le management de votre transition environnementale, au regard des évolutions de votre marché, des attentes futures de vos consommateurs et des évolutions juridiques et fiscales au niveau national, européen et mondial.

Laissez l’inertie et la peur du changement à vos concurrents, la COP 26 et le dernier rapport du GIEC ne doivent pas être une excuse à votre évolution mais un formidable accélérateur d’une stratégie beaucoup plus ambitieuse à votre niveau.

Notre auteur

Baptiste Barrère

Résponsable Marketing Energie et environnement