Transport aérien & objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050 ?

24-11-2021

Par Equipe R&D - Leyton

À ce jour, le transport aérien représente 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’avion se classe en première position des modes de transport les plus polluants en terme d’émissions de CO2 par voyageur et par km. Les émissions de ce secteur sont appelées à fortement se développer, en effet le volume du trafic aérien mondial double tous les 15 ans depuis le milieu des années 1970 et devraient tripler d’ici 2050.  Cela trouve son origine, dans le développement des compagnies aériennes à bas couts. Cette augmentation a pour conséquence, une hausse de la consommation des énergies fossiles et donc des émissions de gaz à effet de serre.

Conscient de l’accroissement rapide de ces émissions et afin de contrer les critiques qui pleuvent sur ce secteur, l’association du transport aérien international (IATA) a frappé fort en annonçant lundi 4 octobre 2021 un objectif clair : atteindre la neutralité carbone du secteur en 2050. Cet engagement s’alignera sur l’objectif de l’Accord de Paris, visant à contenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C.

Parmi les différentes initiatives permettant d’atteindre cet objectif, l’IATA a rédigé une nouvelle feuille de route « Net-Zero Carbon Emissions by 2050 » :

Elle permettrait d’une part, à court terme, de mettre en place un système de compensation carbone en incitant les entreprises polluantes à financer la réduction d’émissions dans d’autres secteurs ou encore à planter des arbres en fonction des kilomètres parcourus par avion.

Elle pourrait d’autre part, à plus long terme, favoriser l’émergence de technologies vertes. Par exemple en instaurant des technologies de captures du CO2, des avions fonctionnant à l’hydrogène ou à l’électricité et le recours aux carburants aériens durables.

Compte tenu de l’importance de renforcer les ambitions climatiques de l’Union européenne, la Commission européenne a présenté la directive « ReFuelEU » afin de favoriser l’utilisation de carburants d’aviation durables. En ce sens, elle fixe de nouveaux objectifs d’incorporation des carburants durables évolutifs qui passeront de 2 % en 2025 à 63 % en 2050.

Ainsi, en l’état des objectifs actuels, les groupes TotalEnergies et Safran ont décidé de collaborer sur la compatibilité des moteurs actuels avec un taux d’incorporation allant jusqu’à 100 % de carburants aériens durables. Dans le même temps, le ministre délégué chargé des transports, a annoncé le lancement d’un appel à projets doté d’une enveloppe allant jusqu’à 200 millions d’euros. L’objectif est simple : soutenir et financer des projets de recherche et de développement, portés par des entreprises dans le but d’accélérer la mise sur le marché de solutions ambitieuses, innovantes et durables pour décarboner le secteur aérien.