Comment booster l’innovation au sein d’un groupe ?

S’il est vrai qu’il y a « plus d’idées dans dix têtes que dans une », pour autant cela ne génère pas nécessairement de l’intelligence. Il est essentiel d’organiser et de structurer cette intelligence pour la développer, voire la décupler.

SEPTEMBER 17, 2020

12:00 AM

Par Laure Humbert

S’il est vrai qu’il y a « plus d’idées dans dix têtes que dans une », pour autant cela ne génère pas nécessairement de l’intelligence. Il est essentiel d’organiser et de structurer cette intelligence pour la développer, voire la décupler. Au-delà des techniques connues de mind mapping, brainstorming, ou autre méthodes agile ou lean management qui sont aujourd’hui couramment utilisées pour favoriser l’innovation et l’émergence de nouvelles idées, de nouveaux concepts voient le jour, tels que le principe de l’holacratie. 

Ce système de gouvernance a été imaginé en 2001 par un éditeur de logiciels américain, Ternary Software, et a depuis été expérimenté dans des PME et grands groupes français. 

L’holacratie tient son origine des termes grecs « holos » qui désigne une entité qui est à la fois un tout et une partie d’un tout, et de « kratos » qui signifie pouvoir. Le principe vise donc à donner le pouvoir de la gouvernance à un ensemble, à une organisation plutôt qu’à un ou plusieurs de ses membres, afin de faire émerger la capacité d’innovation, l’intelligence collective et le potentiel d’une organisation, d’un groupe de personnes, en s’affranchissant des classiques tensions, freins ou peurs. Plus concrètement, l’organisation permet de définir un ensemble de cercles de travail, d’équipes auto-organisées qui vont chacune être responsables de décisions les concernant et qui auront pour objectif de produire ses “redevabilités” et elles-mêmes dépendantes de redevabilités produites par d’autres cercles. 

Chaque cercle dispose donc d’un fort degré d’autonomie en vue d’atteindre ses objectifs et peut utiliser trois outils de coordination : les réunions stratégiques, de gouvernance et opérationnelles qui répondent respectivement aux questions de la vision, de l’organisation et de l’efficacité. 

L’objectif pour aboutir à une gestion holacratique efficace est d’orienter les collaborateurs vers les cercles qui leur permettront d’adresser des sujets qui les intéressent et qui les motivent. Pour les nouvelles générations de travailleurs, jeunes diplômés, ce système leur donne une reconnaissance de leur travail et de leurs atouts en tant qu’individus mais au service d’une organisation. L’investissement de ces derniers s’en trouve décuplé. Pour d’autres, le fait d’ouvrir la porte à d’autres tâches ou fonctions que celles définies par leur contrat de travail ou fiche de poste est perturbant et peut nuire à leur performance. 

Quoi qu’il en soit, cette technique de management de la créativité reste intéressante mais la mise en place de ce type d’organisation peut d’avérer complexe et demande à être réfléchie. Pourquoi pas l’expérimenter sur un sujet transverse, ou à hauteur d’un projet ? 

Laure Humbert


Réferences :

L’Entreprise Évolutive : Introduction à l’Holacracie”, par Brian J. Robertson. 

Notre auteur

Laure Humbert

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