L'industrie automobile en mutation

30-08-2022

Par sbaudin

Le Canada est le onzième plus grand producteur d’automobiles au monde et le septième plus grand exportateur d’automobiles. En 2020, l’industrie a produit 1,4 million de véhicules dont les exportations ont totalisé 42,9 milliards de dollars, ce qui en fait l’un des plus importants secteurs industriels du pays, contribuant pour plus de 16 milliards de dollars au PIB. L’industrie produit des véhicules de tourisme, des camions et des autobus, des pièces et des systèmes automobiles, des carrosseries de camions et des remorques, des machines, des outils, des matrices et des moules (MTDM). À ce titre, l’industrie emploie plus de 125 000 personnes dans l’assemblage de véhicules et la fabrication de pièces automobiles, et 380 000 autres dans la distribution et les ventes et services après-vente.

L’industrie a été durement touchée par la pandémie, car les perturbations dans les exportations de pièces en provenance de Chine ont dégénérées en interruptions de fabrication à grande échelle dans le monde entier. La pandémie a entraîné la fermeture d’usines, mais cette situation a été aggravée par une forte hausse de la demande de puces pour les appareils mobiles en prévision du déploiement de la technologie 5G. Le développement de l’industrie de la communication a explosé, mais a eu un impact négatif sur la disponibilité des puces pour les applications automobiles et industrielles.

En 2021, l’industrie a connu une certaine reprise, les ventes totales augmentant d’environ 7% d’une année sur l’autre, car la demande a repris et les revenus des semi-conducteurs ont commencé à augmenter. Cependant, de nouvelles poussées de la demande, comme celles provoquées par l’évolution des habitudes de consommation, ainsi que les difficultés liées à l’attribution de la capacité des puces ont entraîné une pénurie mondiale de puces en 2021. Enfin, la production canadienne de véhicules a chuté dans tous les segments, malgré une demande croissante de voitures et de camions. 

La demande a continué de croître, mais on observe un changement dans l’industrie avec une demande accélérée de nouvelles technologies, des politiques de durabilité et une demande croissante de véhicules électriques. Ces forces donnent naissance à quatre tendances perturbatrices d’ordre technologique dans le secteur automobile :

  • Une mobilité diversifiée
  • Conduite autonome
  • Électrification
  • Connectivité

Les préférences des consommateurs évoluent et, avec le renforcement des réglementations et les nouvelles technologies innovantes, on assiste à un changement fondamental des besoins des consommateurs en matière de mobilité. La société a de plus en plus recours à plusieurs modes de transport pour effectuer ses déplacements et un nombre croissant de personnes préfèrent le covoiturage et les services de livraison aux achats en magasin. Par conséquent, l’industrie automobile doit fournir des solutions de mobilité à la demande et diversifiées pour répondre aux besoins des consommateurs.

L’utilisation des systèmes avancés d’aide à la conduite (SAAC) est en hausse et jouera un rôle crucial dans l’industrie automobile. Les véhicules autonomes offriront une valeur ajoutée considérable aux consommateurs (par exemple, la possibilité de travailler tout en faisant la navette, ou la commodité d’utiliser les médias sociaux ou de regarder des films tout en voyageant). On prévoit que les voitures autonomes représenteront jusqu’à 15% des véhicules de tourisme vendus dans le monde en 2030. Mais le taux de pénétration du marché sera influencé par le prix, la compréhension des consommateurs et les questions de sécurité. Les acteurs technologiques doivent donc innover pour répondre à ces préoccupations.

À mesure que l’industrie subit ces changements, associés à la vitesse croissante de l’innovation, notamment dans les systèmes logiciels, les voitures devront pouvoir être mises à niveau. Le besoin de solutions de mobilité partagée avec des cycles de vie plus courts deviendra plus courant car les consommateurs seront constamment au courant des avancées technologiques, ce qui augmentera encore la demande d’évolutivité dans les voitures d’occasion privées également. En outre, la connectivité et les technologies autonomes permettront de plus en plus à la voiture de devenir une plateforme permettant aux conducteurs et aux passagers d’utiliser leur temps de transit pour consommer différentes formes de médias et de services ou de consacrer le temps ainsi libéré à d’autres activités personnelles.

Ces demandes doivent être accompagnées de solutions durables à mesure que les pratiques sociétales changent. Le secteur des transports est responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada. Les véhicules légers – les voitures, les fourgonnettes et les camions légers que nous conduisons – sont responsables de près de la moitié de ce total. Les constructeurs automobiles ont fait des progrès considérables dans certains domaines, mais le CO2, le principal GES qui influe sur les changements climatiques, ne cesse d’augmenter. Compte tenu de la technologie actuelle c’est inévitable, puisque les GES sont un sous-produit de la combustion des carburants fossiles. 

Pour lutter contre le changement climatique, le gouvernement du Canada a lancé l’initiative “Émissions nettes nulles d’ici 2050, dont l’objectif provisoire est de réduire les émissions de 40 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030.  Cela signifie que nous travaillons à l’élimination des émissions de GES d’ici 2050. Cette initiative ne s’adresse pas seulement à l’industrie automobile, mais à toutes les sources d’émissions de GES, mais pour cette discussion, nous nous concentrerons sur l’industrie automobile car elle contribue à un peu plus d’un quart de toutes les émissions de GES. Le gouvernement est très conscient de ce fait et a pris des mesures pour aider les Canadiens à atteindre cet objectif. Des mesures clés ont été publiées dans le budget 2022.

Les mesures proposées dans le budget 2022 comprennent :

  • Créer un réseau national de bornes de recharge pour véhicules électriques en soutenant l’infrastructure de recharge dans les collectivités de toutes tailles grâce à des investissements de 500 millions de dollars de la Banque canadienne d’infrastructure et de 400 millions de dollars du Programme d’infrastructure pour les véhicules à émission zéro, en vue d’atteindre notre objectif d’ajouter 50 000 bornes de recharge au pays.
  • Aider un plus grand nombre de Canadiens à prendre le volant d’un VÉZ en continuant d’offrir des incitatifs à l’achat pouvant atteindre 5 000 $, en investissant 1,7 milliard de dollars pour prolonger le Programme d’incitatifs pour les véhicules à émissions zéro jusqu’en mars 2025 et en élargissant l’admissibilité au programme pour inclure plus de modèles de véhicules.
  • Faciliter l’achat d’un véhicule à émissions zéro en fixant un nouvel objectif de vente obligatoire afin que, lorsque les gens veulent acheter un véhicule à émissions zéro, il y ait des options à vendre sur le terrain. Au moins 20 % de tous les nouveaux véhicules de tourisme vendus au Canada seront des VÉZ d’ici 2026, et au moins 60 % d’ici 2030, pour atteindre 100 % d’ici 2035.
  • Aider les entreprises à passer aux véhicules à émission zéro de poids moyen et lourd en investissant 547,5 millions de dollars pour lancer un nouveau programme d’incitation à l’achat.
  • Positionner le Canada comme un chef de file mondial en matière de minéraux critiques, qui sont essentiels à la construction de véhicules à émission zéro, en fournissant jusqu’à 3,8 milliards de dollars pour la première stratégie canadienne sur les minéraux critiques.

Le budget 2022 et le Plan de réduction des émissions de 2030, récemment publié, contribuent grandement aux prochaines étapes du Canada en matière d’air pur et d’économie forte. En mettant les Canadiens au volant de voitures et de camions à émissions nulles, le gouvernement aidera les gens à économiser sur l’essence, tout en luttant contre les changements climatiques, à faire croître notre économie et à bâtir un meilleur avenir pour tous. 

Les acteurs traditionnels de l’automobile sont soumis à une pression continue pour réduire les coûts, améliorer le rendement énergétique, électrifier et réduire les émissions dans les secteurs de l’automobile et de la mobilité en pleine évolution. Les véhicules sont de plus en plus intégrés dans le monde connecté et les constructeurs automobiles n’auront d’autre choix que de participer aux nouveaux écosystèmes de mobilité qui émergent sous l’effet des tendances technologiques et de consommation. Les développeurs de logiciels et les équipementiers doivent aligner leurs compétences et leurs processus pour relever de nouveaux défis tels que la valeur pour le consommateur fondée sur les logiciels, la cybersécurité, la confidentialité des données et les mises à jour continues des produits.

En outre, l’écosystème automobile doit rapidement s’attaquer à trois contraintes majeures avant que la production et la vente de VE ne puissent prendre de l’ampleur :

  • Des difficultés à se procurer suffisamment de matières premières, notamment le lithium, le nickel et le cobalt, utilisés dans les batteries
  • Le nombre insuffisant de “gigafactories” produisant des batteries, ainsi que la faible productivité des installations existantes
  • Une infrastructure de recharge publique qui doit être mise en place pour suivre le rythme du nombre de VE en circulation.

Mais il y a de l’aide, dans le cadre de l’initiative “Émissions nettes nulles d’ici 2050″, le gouvernement a lancé plusieurs programmes d’incitation pour financer des projets qui contribuent à ces objectifs. Il s’agit notamment de la conception, du développement et de l’installation de stations de recharge, du développement de carburants propres, de la capture, du stockage et de l’utilisation du CO2, du développement de batteries et de logiciels innovants, etc.

Chez Leyton, nous avons l’expertise nécessaire pour aider tous les acteurs de l’industrie à naviguer dans ce paysage changeant de manière rentable, en utilisant de nombreuses subventions et incitations gouvernementales pour faire de votre projet une réalité plus rapidement.  Le département des subventions vous accompagnera tout au long du processus, que votre projet soit au stade de la R&D, en quête de commercialisation, prêt à exporter ou à étendre sa part de marché. 

Si vous souhaitez en savoir plus sur nos services de taxe sur les ventes, contactez nos experts dès aujourd’hui.

Sources :

Erica Harrison

Innovation Funding Manager